Lorsqu’en 1965 François Mitterrand acquiert sa maison de Latche dans les Landes, elle n’est alors entourée que d’un maigre terrain de mille mètres carrés. Dans cet environnement immense, c’est selon lui, bien trop peu. Lors de la cession, le propriétaire des lieux et des alentours lui a bien promis trois hectares supplémentaires mais il se ravise car celui qui est devenu l’adversaire du Général de Gaulle, lui hérisse le poil. Dans un livre qui se lit d’une traite tant il dévoile, en filant l’anecdote, certains aspects de la personnalité de l’ancien président de la République, les journalistes Yves Marté et Jean-Pierre Tuquoi expliquent comment et en détails, François Mitterrand parvient à étendre la superficie de son domaine. Avec « l’obstination d’un hobereau », l’ancien chef d’État réussit au terme de son œuvre rurale, à acquérir soixante-dix hectares. Pendant des années, « avec l’attention d’un général penché sur une carte d’état-major », il traque le moindre bout de terrain disponible sur son cadastre exquis. Entre 1965 et 1996, il signe pas moins de trente actes notariés à fin d’extension de son territoire. Continuer la lecture
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Vous cherchez à vous évader de Paris sans franchir la barrière fatidique des 10 kilomètres ? Le-Pré-Saint-Gervais, qui est la plus petite commune de Seine-Saint-Denis accolée à Paris, permet en ces temps de restriction kilométrique de se dégourdir les jambes tout en découvrant des endroits inattendus. Une balade tranquille suit les traces du passé résidentiel et industriel de ce curieux petit arpent de 70 hectares. En partant du métro Hoche (ligne 5), on remonte la rue Hoche et la rue du Pré-Saint-Gervais. À l’intersection de la rue Franklin, bifurcation à droite pour découvrir quelques mètres plus loin un site unique dans toute l’Ile de France : l’usine-rue de la rue Carnot. C’est le seul exemple régional encore sur pied d’usine-rue insérée dans le tissu urbain (ci-dessus).
À nos lecteurs. Comme chaque année, la parution des Soirées de Paris entame une pause à l’occasion des vacances de Pâques. L’assèchement des activités culturelles dû aux restrictions sanitaires justifie doublement cet arrêt au stand. La reprise de l’activité est prévue le 19 avril. C’est l’occasion de remercier nos lecteurs et nos contributeurs de leur fidélité et de leur adhésion. À la semaine prochaine!
Tout comme son contemporain et ami Charlie Chaplin (1889-1977), Buster Keaton (1895-1966) fut, lui aussi, une légende du cinéma muet. Tel son aîné, il créa un personnage identifiable au premier coup d’œil : un visage impassible, qui ne souriait jamais, sur la tête duquel était vissé un éternel canotier, et une silhouette frêle, de petite taille, dont la souplesse n’avait rien à envier à celle de Charlot. Buster Keaton avait su composer un personnage des plus attachants : introverti, toujours en quête d’amour et téméraire au point de ne pas hésiter à mettre sa vie en danger à travers moult cascades. Après “M comme Méliès”, Molière de la meilleure création Jeune Public 2019 et premier volet d’un triptyque théâtral consacré à la naissance du cinéma, Martial di Fonzo Bo et Elise Vigier, respectivement directeur de la Comédie de Caen et artiste associée, nous invitent à découvrir la figure et l’univers d’un des grands inventeurs du burlesque.
Ses amis les plus proches (ceux-là mêmes qui lui doivent d’être passés à la postérité) l’appelaient «Kostro». C’est que le patronyme Wilhelm de Kostrowitzky, avec ses consonances slaves et rocailleuses, n’était pas simple à prononcer, et encore moins à mémoriser. C’est pourtant sous ce vrai nom de baptême (voir document), celui que lui avait transmis sa mère Angelica, que l’écrivain commence sa carrière de journaliste, activité qu’il ne cessera jamais complètement. En février 1902 le jeune Wilhelm de Kostrowitzky signe donc l’article «Le prestige français en Allemagne» dans La Grande France, revue dirigée par deux cousins originaires de l’île de La Réunion, réunis sous le patronyme commun de Marius-Ary Leblond. Quelques mois plus tard, la même revue fait paraitre le poème «Elégie du voyageur aux pieds blessés» signé cette fois Guillaume Apollinaire.
Pour une maire écologiste poitevine, les premières images du film « Le vent se lève », de Hayao Miyazaki, seraient proprement insoutenables. On y voit un petit garçon dormir près de sa petite sœur. Et voilà que ce polisson, peu au fait des enjeux environnementaux, se met à rêver éveillé. Il grimpe sur le toit de la maison familiale et rejoint un avion miniature juché sur un mât. Quelques tours de manivelle plus tard, avec sa casquette à visière et ses lunettes de protection, le voilà filant dans le vent qui « se lève » dans un de ces paysages à haute densité poétique qui font la caractéristique du maître de l’animation japonais. Il croise aussi dans le ciel des engins de guerre car Miyazaki ne fait pas pour autant dans l’angélisme béat. Sorti en 2013, « Le vent se lève » n’est pas le premier film où il laisse libre cours à sa passion de l’avion qu’en japonais l’on nomme hikouki.
En 2021, avec le recul, cela paraît invraisemblable. Quoique notre époque devrait nous conduire à ne plus nous étonner de rien. Ce protège-cahier d’après guerre (la seconde) était en effet ni plus ni moins sponsorisé par le rhum Negrita. Apparue à Limoges une centaine d’années auparavant, la marque trouvait tout naturel d’orner la couverture du protège-cahier avec dessin humoristique vantant son produit phare auprès des élèves de l’école primaire, mais aussi en dernière page en stipulant que la boisson se devait d’appartenir à « toutes les familles de France ». On imagine sans peine le tollé qu’une telle initiative déclencherait aujourd’hui. Mais au milieu du 20e siècle, apparemment personne n’y retrouvait à redire d’autant que c’était gratuit et que figuraient dans les pages intérieures des choses tout à fait sérieuses comme les grandes dates de l’histoire de France ou encore les tables de multiplication. La marque s’insinuait partout y compris dans deux des trois modèles d’écriture, « La bâtarde » et « La ronde ».
On ne peut pas dire que Geneviève Marguerite Marie-Louise de Pillot de Coligny, dite « Lou » et amante hautement inflammable de Guillaume Apollinaire, n’avait pas conservé quelque lien avec la religion chrétienne. Au moins dans une lettre postée depuis Marseille (1) le 29 mars 1915, après avoir déjeuner chez Basso, elle écrit à son amant canonnier conducteur à la caserne de Nîmes, qu’elle va tâcher de monter à Notre-Dame de la Garde prier pour « ce qu’elle aime ». Mais on peut affirmer en revanche, qu’elle s’était dans la vie, bigrement éloignée des préceptes de la mère supérieure du pensionnat des Dames de Saint-Maur à Vesoul. Selon ses recommandations que nous avons retrouvées et plus précisément les « conseils pour les vacances », il y avait en effet comme un contraste. Il fallait en effet aux élèves, craindre « le trop de bien-être, l’oisiveté » ou encore « les amitiés sensibles ».
Avec la «Carmen» de Georges Bizet, le «Faust» de Charles Gounod demeure l’un des opéras français les plus joués au monde. D’un côté le mythe de la femme libre, de l’autre celui de la jeunesse éternelle, avec un livret inspiré d’une légende allemande moyenâgeuse et de deux poèmes dramatiques de Goethe («Faust I» en 1808 et «Faust II», publication posthume en 1832) : le très savant docteur Faust ne supporte plus son grand âge, et décide de vendre son âme au diable pour retrouver la jeunesse et ses plaisirs.
Le 25 mars dernier, la Grande Faucheuse mettait tristement le réalisateur Bertrand Tavernier (25 avril 1941 – 25 mars 2021) à la une de l’actualité. Le cinéaste à l’importante et éclectique filmographie très appréciée fit l’objet d’un éloge unanime et son œuvre fut, comme il se doit, largement commentée. L’homme était également très estimé. Cinéphile passionné et passionnant, il n’avait de cesse de transmettre son amour du cinéma. Et c’est justement plongée dans sa série des “Voyages à travers le cinéma français” que l’auteure de ces lignes apprit sa disparition, ne pouvant réellement y croire puisque l’homme lui parlait la veille encore par écran interposé. Avec Bertrand Tavernier, admirable conteur, le cinéma était une histoire bien vivante qui perdurerait à travers les générations.