Le monde pour horizon, l’humain au cœur de l’objectif et une palette de couleurs vives pour signature, tel est l’univers artistique de Steve McCurry. Le photographe américain, né en 1950 à Philadelphie, se définit, en réalité, comme un “storyteller”, un “conteur visuel”. S’éloignant du photojournalisme de ses débuts, l’artiste s’affranchit de toute contrainte et revendique une liberté totale dans la réalisation de ses clichés. Poète d’images et non plus reporter. “In search of elsewhere”, l’exposition monographique qui lui est actuellement consacrée à la Polka Galerie, revient sur les plus grands succès du photographe voyageur. Une plongée vertigineuse dans un univers de toute beauté ! Continuer la lecture
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Imaginons Cézanne sortant de sa tombe pour se trouver nez à nez avec les 22 toutes nouvelles éoliennes de 125 mètres de haut (soit 3 fois la hauteur de Notre-Dame-de-la-Garde, la Bonne Mère de Marseille) bouchant l’horizon de sa chère Sainte-Victoire !
Tout ça parce qu’il y aura trente ans cette année, un astronome belge découvrait une nouvelle planète mineure dans la lointaine ceinture d’astéroïdes trouvant sa place entre Mars et Jupiter. La trouvaille de Eric Walter Elst, en août 1991, sera baptisée Guillaume Apollinaire. On ne pouvait rêver mieux pour celui qui avait quelques accointances spirituelles avec les étoiles au point de prôner dans un prologue fameux, leur rallumage dans les plus brefs délais. L’astéroïde en question a ainsi été sorti de l’anonymat glacé des plus grands boulevards périphériques qui soient. La position orbitale de la ceinture offre un point de vue unique sur Mars, Vénus, la Terre, Mercure avec Jupiter dans le dos. L’astéroïde Guillaume Apollinaire est de fait le monument le plus lointain à la mémoire de l’écrivain. Éric Walter Elst a en tout cas été bien inspiré en choisissant Apollinaire après avoir totalisé près de 4.000 baptêmes du même genre au cours de sa longue carrière.
Relevons tout d’abord cette fausse synonymie associant commémorer et célébrer. Une célébration constitue une commémoration, mais elle ajoute à cette évocation d’un fait passé une touche nettement positive, festive ou louangeuse. La commémoration stricto sensu se veut factuelle, dépourvue de tout sentiment. On se borne à mentionner. Bien que commémorer soit déjà marquer de l’intérêt. La confusion entre ces deux verbes a causé la disparition du Haut comité des commémorations. Après avoir inscrit dans son inventaire annuel, en 2011, la commémoration du décès de Louis Ferdinand Céline, il venait de récidiver, en 2018, en retenant ceux de Charles Maurras et de Jacques Chardonne. Liquidé, sous la pression de l’opinion publique et des réseaux sociaux, entités qui ne font pas dans la dentelle.
Des lettres comme celle-ci, il dut en circuler des milliers, au cours des très longues années de la première guerre mondiale. On ne peut les considérer à proprement parler comme des documents historiques, mais il s’agit de documents humains de premier ordre. Les auteurs ne sont ni combattants, ni politiciens, ni artistes ou écrivains. Ce sont les simples habitants de villes sinistrées, devenus malgré eux victimes anonymes d’un conflit qu’ils n’avaient certainement pas souhaité. De temps à autre, une de ces lettres apparaît ou réapparaît dans un grenier, au fond d’un tiroir, à l’étal d’un brocanteur. On ne peut la lire sans émotion. Celle que nous reproduisons constitue un témoignage particulièrement sensible de ce que les habitants de Boulogne-sur-mer durent endurer aux heures les plus noires du conflit. L’écriture est appliquée mais fluide. La plume ne tremble pas. Nous reproduisons le texte dans son intégralité en respectant la ponctuation de cette missive qui n’avait pas connu les ciseaux d’Anastasie (la censure).
Normalement, la toute première crise que traverse l’être humain, est celle de l’adolescence. S’il vit dans une oasis à l’abri des problèmes de société, ce même humain devra ensuite affronter la crise réglementaire de la cinquantaine assortie d’une sous-crise de couple et puis la crise tout court, celle de l’âge en soi qui conduit au cimetière. Ce serait déjà bien suffisant d’affronter ces moments de tensions plus ou moins longs, mais la société de tout temps, en a prévu d’autres. Tellement nombreux qu’ils se superposent ou s’enchevêtrent. On peut dire qu’à la crise sanitaire actuelle, toute fraîche, s’ajoutent de longue date la crise économique, la crise sociale, la crise identitaire et on se demande encore comment, dans ces conditions et faute de bistrot, tout le monde n’est pas traité aux anti-dépresseurs et autres tranquillisants.
C’est souvent l’une des espérances secrètes de ceux qui ouvrent un livre d’occasion: tomber sur un marque-page. Un beau ticket de métro de première classe à tarif réduit, dûment poinçonné, a fait partie de ces heureuses surprises. Au lieu de joncher le sol d’un quai de gare ou de contribuer au compost qui fait la richesse des sous-sols parisiens, celui-ci a survécu. Il se trouvait à la toute fin d’un vieux Que sais-je sur l’histoire des banques, preuve sans doute que le lecteur était allé jusqu’au bout de l’opuscule. Nous n’en saurons pas davantage, mais le ticket est désormais en lieu sûr. Il ne peut pas être exhibé au salon des collectionneurs de marque-pages qui se réunissent une fois l’an à Muret (Haute-Garonne) ou à Malo-les-Bains près de Dunkerque, puisque que sa destination première était autre, au contraire des supports publicitaires conçus pour cela.
Il n’est pas si facile d’admettre que l’on puisse être l’emmerdeur de quelqu’un, surtout quand on affiche sur sa porte quelque chose comme: « Prière de ne pas emmerder le monde. » Le docteur Mardrus était le voisin du dessous de Guillaume Apollinaire, au 202 boulevard Saint-Germain. Un jour ce médecin écrivit à son voisin du dessus, avec un humour teinté d’une déférence agacée, qu’il serait bien aimable de ne pas placer sa réserve de pétrole dans l’escalier mais sur sa terrasse en réservant ce faisant, « pour la zone des tranchées, les gaz délétères ». Et d’autre part part il priait dans le même courrier l’écrivain de ne plus organiser de « tempêtes » au-dessus de chez lui. Missive qu’il signa « votre inférieur », juste avant son nom. C’est l’une des découvertes particulièrement amusantes que l’on découvre dans un petit livre qui vient de sortir aux éditions du Jais, finement intégré pour l’occasion à la collection « Tohu-bohus », sous le titre les « Lettres à Jacqueline ».
Boulevard Raspail, à deux pas du quartier de Montparnasse, la galerie Camera Obscura est un lieu bien connu des collectionneurs et amateurs de photographies. Au rythme de cinq expositions par an, de splendides tirages, souvent d’époque, signés d’artistes faisant référence en ce domaine, se succèdent régulièrement sur ses murs : Willy Ronis, Saul Leiter, Marc Riboud, Sarah Moon, Michael Kenna, Claudine Doury … Les clichés vintage de Bernard Plossu tout juste décrochés, la galerie met cap vers l’Est avec trois artistes contemporains, d’univers fort dissemblables, l’Américain Mickael Ackerman, né en 1967, l’Australien Max Pam, né en 1949, et l’Italien Paolo Roversi, né en 1947, avec, pour points de convergence, l’Inde et le Yemen. Un dépaysement artistique et géographique des plus salutaires en ces temps où voyager en des terres éloignées semble mission impossible.
Elle sont là alignées, suspendues à un fil, tristement avachies comme des oreilles de cocker. Elles n’ont aucune certitude de retrouver vie un jour ou l’autre. Il s’en faudrait de peu pour qu’à la faveur d’un incident quelconque – déménagement, nettoyage de printemps, scène de ménage – elles disparaissent à tout jamais. Parce que la plupart d’entre elles n’ont même pas droit à une seconde vie. Et pourtant ces cravates ont toutes eu leurs heures de gloire. Elles ont fièrement plastronné sur la poitrine de leur propriétaire. Discrètes ou arrogantes, elles disaient toujours quelque chose sur celui qui la portait. Elles pouvaient devenir un signe distinctif. On se souviendra de la (trop) longue cravate rouge de Donald Trump comme on se souvient de la cravate à pois de Gilbert Bécaud.