L’aventure est au coin de la bibliothèque…

Explorer, décrire, imaginer. C’est ce que propose l’exposition Récits du Monde conçue par le philosophe Gilles A. Tiberghien, à qui l’IMEC (Institut Mémoires de l’Édition Contemporaine) a offert une carte blanche.
Sis à l’Abbaye d’Ardenne, aux portes de Caen, l’IMEC est un lieu inspiré et inspirant. Fondée au XIIe siècle, cette abbaye revient de loin car il n’en restait plus grand-chose depuis la bataille de Caen du 7 juin 1944. Après une grande campagne de restauration, ce centre unique en France inauguré en 2004 est dédié à la valorisation de l’écrit, de l’édition et de la création par l’organisation d’expositions, de colloques, de rencontres littéraires, de conférences et autres activités destinées à tous les amoureux de la vie intellectuelle française contemporaine, l’autre volet de ses missions étant la conservation des archives de la collection de l’IMEC. Continuer la lecture

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Murakami a encore frappé

N’étant généralement pas attirée par la littérature dite populaire à grand tirage, j’avais vaguement connaissance du nom de Murakami, lié à l’archi best seller « 1Q84 » publié en 2009-1010, inspiré du fameux « 1984 » d’Orwell. Et voilà que je tombai sur un article du « Monde des Livres » daté du 19 octobre dernier intitulé « Murakami, une touche de génie », signé Florence Bouchy, saluant les deux tomes de son dernier opus « Le Meurtre du Commandeur ».
J’étais ébranlée. Se pouvait-il qu’un écrivain ayant vendu quatre millions d’exemplaires de « 1Q84 » et un million et demi du « Meurtre du Commandeur » en deux mois au Japon soit en même temps un grand écrivain ? Continuer la lecture

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Gaston Picard, « délicat amant des bonnes lettres »

Avec un patronyme aussi banal que celui d’un personnage de Simenon et une œuvre littéraire qui ne connut qu’un succès d’estime, Gaston Picard n’a sans doute pas bénéficié de la reconnaissance d’un large public. Ce personnage sympathique est pourtant l’un de ceux qui ont le plus contribué à animer la vie littéraire française dans la première moitié du XXe siècle.
Né et mort à Paris (1892-1962), cet infatigable chroniqueur collabora à un grand nombre de revues littéraires, ces petite revues souvent éphémères qui pullulaient en France avant 1940. Lui-même en dirigea deux, en 1911 et 1912 : « L’Heure qui sonne » et « L’Œil de veau ». Cette dernière, sous-titrée « Revue encyclopédique à l’usage des gens d’esprit », était co-dirigée par le jeune compositeur Roland Manuel, et comptait parmi ses collaborateurs un certain Erik Satie. Continuer la lecture

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Rousses exclusivement

Il aimait tellement les rousses que c’était devenu sa signature, un signe de reconnaissance. La première rousse de Jean-Jacques Henner apparaît en 1872 à travers une toile intitulée « Idylle ». Pour cette inclination il changeait au besoin la couleur des cheveux de ses modèles. Et il avait même décidé que le Christ avait une chevelure rousse profitant à ce propos d’une absence d’indication historique. Le musée national Jean-Jacques Henner (1829-1905) fait de cette couleur particulière le thème de sa nouvelle exposition qui vient de débuter et qui s’achèvera le 20 mai. La scénographie mélange des œuvres de la collection permanente de cet établissement situé avenue de Villiers avec des réalisations d’autres auteurs. Continuer la lecture

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L’annuaire fleuri de Monaco

Jean-Baptiste Pastorini avait une âme de poète. Dans l’annuaire de Monaco qu’il s’était procuré en 1889, il avait inscrit son nom et inséré (peut-être son épouse) quatre fleurs afin qu’elles y séchassent. Deux graminées ont trop pâli. Il faudrait un botaniste pour les identifier. Et puis (selon toute apparence) deux coquelicots cueillis au printemps de la même année, ou l’été précédent qui sait. Toujours est-il que cela fera 130 ans le 31 janvier que cet annuaire a été imprimé. La date est mentionnée plusieurs fois au long des pages. Cela faisait deux ans que la principauté venait de subir un tremblement de terre. Et c’est à cette époque également que Guillaume Apollinaire a vécu une partie de son enfance avec son frère et sa mère. D’où l’intérêt de cette relique repérée sur Ebay. Continuer la lecture

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Ehpad connection

Passé un certain âge nous ne sommes plus suspects. C’est l’une des démonstrations du film d’Eastwood avec Eastwood, « The mule ». Et, franchi le cap des 90 ans (89 exactement pour l’ex-inspecteur Harry, né en 1930) il n’y pas de raison de cesser de faire des choses en général et de raconter des histoires au cinéma en particulier.
Earl Stone, principal personnage du film, accepte un jour de faire le chauffeur à un moment de la vie où l’on n’est plus qu’une donnée statistique. Ce qu’il ne sait pas, au moins au début, c’est qu’il transporte de la drogue. « La mule » est le récit d’une histoire réelle où chacun y trouve son compte. Continuer la lecture

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La singulière signature de Vivian Maier

Sur plus de cent mille clichés potentiels, ce qui nous est donné à voir peut sembler un peu chiche. Il faut dire que les œuvres en couleur de Vivian Maier présentées par la galerie Les Douches dans le dixième arrondissement n’occupent que deux pièces de taille moyenne. Or il faudrait un (grand) musée pour faire tenir une rétrospective complète. L’échantillon ainsi resserré donne néanmoins une bonne mesure de cette photographe apparue par surprise en 2007 à la faveur d’un hasard de vente à l’encan. En effet, c’est d’abord l’histoire d’un jeune américain de 25 ans qui cherchait des illustrations sur un quartier de Chicago. John Maloof acquiert un jour aux enchères un carton de mystérieux négatifs. Se rendant compte progressivement et après consultations de la valeur de son trésor, il se débrouillera par la suite afin d’acquérir la quasi-totalité d’une artiste jusqu’alors inconnue. Continuer la lecture

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Quand Marius de Zayas s’emparait de Rembrandt

D’un talent et d’une acuité intellectuelle hors-normes, Marius de Zayas est un artiste pourtant trop oublié par l’histoire. Cet homme d’origine mexicaine a été le premier à interviewer Picasso lors de son premier déplacement à Paris en 1910. Il est né en 1880 au Mexique au sein d’une famille bourgeoise et il est mort aux États-Unis en 1961. Il a notamment publié des portraits au modernisme éblouissant dans Les Soirées de Paris puis dans la revue 291 fondée à New York lors de la première guerre mondiale. Sa rencontre avec le cubisme (et plus largement l’esprit moderne) a généreusement fécondé son inspiration. Il a écrit un livre sur l’art moderne et fait l’objet d’une discrète exposition en 2014 dans une galerie parisienne (1). Si bien que dénicher des informations sur ce compagnon d’Apollinaire, Francis Picabia ou encore Marcel Duchamp est toujours une chance. Continuer la lecture

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Berlioz versus Offenbach

Hasard des anniversaires, nous allons célébrer cette année le 150ème anniversaire de la mort de Berlioz et le 200ème anniversaire de la naissance d’Offenbach. Allons-nous donc assister à une joute surréaliste entre des compositeurs qui n’ont rien en commun, à commencer par le tempérament ? Disons pour (beaucoup) simplifier que Berlioz fut notre Wagner, alors que Jacques Offenbach fut le plus français de nos compositeurs immigrés.
L’Opéra national de Paris a décidé de frapper un grand coup en inaugurant l’année avec ces « Troyens » qui ne furent jamais joués du vivant du compositeur, sans doute parce qu’ils se mesurent avantageusement avec les opus wagnériens de quatre ou six heures : dans la version actuelle de l’opéra Bastille, ils feront bien leurs cinq heures environ, deux entractes inclus et début à 18h. Continuer la lecture

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« Doreen » : à l’écoute d’un couple souffrant

Comment faire partager l’intimité d’un couple? Cela se prépare dès notre entrée dans la salle, celle du théâtre de la Bastille dans laquelle Laure Mathis, la comédienne, nous accueille, nous désigne une table où picorer d’agréables dattes et où boire un verre de vin rouge. On se laisse très facilement embarquer dans ce jeu dont on ne sait pas bien s’il fait partie du jeu justement. Continuer la lecture

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