Simone Veil accablée d’honneurs

La liberté bien simple de reposer dans le lieu qu’elle avait choisi lui a été retirée. Dimanche, Simone Veil entrera au Panthéon avec son mari, exhumé pour l’occasion. La rue Soufflot sera tapissée de bleu en accord avec la couleur de ses célèbres yeux et ton sur ton avec le drapeau européen. Les cercueils des deux époux auront été au préalable exposés au mémorial de la Shoah et seront conduits sous escorte motorisée jusqu’au Panthéon pour y être recouverts du drapeau tricolore. À 11h30, le président Macron donnera cours à son lyrisme habituel en prononçant un discours sur l’Europe. Afin d’achever les participants, le speech sera suivi de la Marseillaise chantée tout à la fois par la cantatrice Barbara Hendricks et le chœur de l’armée française sous une température prévue au-delà des trente degrés. Continuer la lecture

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« Couples modernes », l’art en duos à Pompidou Metz

«Nous nous sommes aimés dans l’art comme d’autres couples se sont unis dans la foi, dans le crime, dans l’alcool, dans l’ambition politique. La passion de peindre a été notre lien principal. Cela se confondait avec l’amour de la vie .»
C’est Sonia Delaunay qui, dans ses Mémoires, a sans doute le mieux décrit les affinités qui unissent deux artistes partageant la même passion. Entre 1907 et 1941, Sonia et Robert Delaunay formèrent un couple fusionnel, autant sur le plan humain que sur le plan artistique, au point qu’un œil non exercé peut confondre l’auteur de telle ou telle de leurs œuvres. Continuer la lecture

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Macbeth pour tout l’été

Pour fêter le premier jour de l’été, Arte nous a offert jeudi 21 juin un «Macbeth» de Verdi en léger différé de la Staatsoper de Berlin, dont maestro Barenboïm est directeur musical. Cet événement sera visible en replay sur Arte concert pendant trois mois, une chance formidable de voir et revoir à l’infini un chef d’œuvre de l’opéra.
À l’affiche, deux monstres des scènes lyriques, la grandissime Anna Netrebko dans le rôle de la terrible Lady Macbeth assoiffée de sang et de pouvoir, et Placido Domingo dans celui du mari manipulé comme une marionnette. Autrement dit l’un des plus grands ténors du XXème siècle poursuivant, à soixante-dix-sept ans, une nouvelle carrière de baryton. Un exploit unique dans l’histoire de l’opéra, ce qu’on appelle une légende vivante, et quand on lui demande pourquoi il continue, il répond tout simplement «d’abord parce que c’est ma vie, ensuite parce que je peux encore le faire ! Je m’arrêterai le jour où je ne pourrai plus.» Continuer la lecture

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Dans les abysses avec Florence Joly

Derrière l’entrelacs de couleurs il y a un crâne dont l’orbite est occupée par un petit fantôme. Il y a aussi un jeune voyageur spatial dont la tenue ressemble à une barboteuse. Une jeune femme nue est assise de dos sur une natte en forme de chat et l’animal n’a pas un œil mais un hublot à travers lequel un autre fantôme nous fait signe. Une partie de l’espace semble avoir été ouvert par une fermeture éclair dont la forme écartée est en soi un visage. Voilà que le doux venin de Florence Joly fait son effet. La plupart de ses œuvres mouvantes comme des sables (dont on voit ci-dessus un détail) sont actuellement exposées à la galerie « D’un livre l’autre » dans le troisième arrondissement. Continuer la lecture

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Et Zweig se confronta à la légende…

Alors que la majorité des théâtres parisiens, pour ne pas dire la totalité, s’apprête, après avoir chacun présenté sa saison 2018-2019, à fermer pour l’été, le Théâtre du Lucernaire, quant à lui, et comme à l’accoutumée, reste vaillamment ouvert avec une programmation estivale, là encore, pleine de promesses. Ainsi la pièce de Stefan Zweig “Légende d’une vie” se jouera-t-elle jusqu’au 26 août. Aucune excuse, par conséquent, pour ne pas découvrir ce spectacle de qualité. Continuer la lecture

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Bécassine c’est ma cousine

C’est un bien joli conte descendu dans nos salles comme un ballon dans un jardin. Avec Bécassine à bord. Il paraît que certains Bretons se sont récriés. Ils n’avaient probablement pas encore vu le film. Parce que l’héroïne dépeinte par Bruno Podalydès est bien plus maligne que la plupart des personnages d’une histoire qui enchantera les écrans de nos vacances.
En plus d’être futée, Bécassine est aussi très humaine et même empathique, comme on dit de nos jours. Elle est apparue pour la première fois dans l’hebdomadaire « La semaine de Suzette » en 1905. Et réapparue en 2018 sous les traits de Emeline Bayart. Continuer la lecture

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Le rendez-vous du fantôme de Rambouillet au solstice d’été

Au loin l’océan urbain du Caire dont les vagues grises se brisent sur le front du désert et là-bas, les pyramides de Gizeh que je n’ai pas quitté des yeux depuis notre hôtel. Au pied de la plus grande d’entre elles, une blessure de béton protège, intacte, la barque solaire, un gigantesque puzzle de 1224 pièces, grâce auquel le Dieu Râ a conduit le pharaon Khéops de l’aube au crépuscule vers son dernier empire.  Quarante-cinq siècles déjà. Continuer la lecture

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La modernité vers la fin

En 1957, la forme extravagante de ce téléviseur préfigurait l’avenir. Sur l’unique chaîne de l’époque la famille réunie pouvait s’émerveiller d’émissions ô combien excitantes comme « Papa a raison », « Le tour de France de deux enfants » ou encore « Les enquêtes du commissaire Prévost ». La machine avait été conçue par un certain Philippe Charbonneaux (1917-1988). Aujourd’hui inerte, avec qui sait, de vieux échos de soirées disparues enfouis dans ses tubes, elle est visible au Centre Pompidou  dans le cadre d’une exposition sur l’Union des artistes modernes (UAM). Continuer la lecture

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François d’Assise : un saint humain trop humain ?

François d’Assise est une des figures qui a le plus inspiré les auteurs de théâtre pour notre présent : modèle d’incarnation, bien planté dans le sol avec ses sandales ; modèle «écologique» avant l’heure dans son éloge d’une création donnée et d’une nature-sœur ; modèle de radicalité et de pauvreté dans son amour pour Jésus le conduisant à partager la passion de celui-ci et ses stigmates. Adel Hakim et Robert Bouvier mettent en scène François par l’intermédiaire des mots de Joseph Delteil, passeur-poète du début XXe siècle, qui écrivit un texte magnifique sur l’homme d’Assise. Continuer la lecture

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Point de départ pour le bloc

Cela ressemblerait presque à un arrêt de bus avec les quatre sièges alignés afin de patienter. Mais la comparaison s’arrête là. Depuis un certain temps, c’est assez surprenant et paraît-il apprécié des patients, on peut se rendre au bloc opératoire comme un grand. En tenue idoine le sujet attend un agent hospitalier qui l’accompagnera dans la salle où à la lumière d’un scialytique, il livrera son corps aux mains d’un chirurgien. Cette initiative déconcertante a même fait l’objet d’un jargon technocratique. Cela s’appelle le « virage inclusif » soit l’incitation à faire les choses soi-même, qu’un certain Jacques Borrel avait théorisé dans les années soixante sur les autoroutes avec les premiers self-service. Continuer la lecture

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