Singulis ou l’art du seul-en-scène

Simul et singulis, telle est la devise de la Troupe de la Comédie-Française : “ensemble et chacun en particulier”. En d’autres termes : chaque comédien apporte sa créativité et sa singularité au service d’une création collective. Telle une ruche et ses abeilles, l’emblème de la Troupe. Dans la petite salle du Studio-Théâtre, sous la Pyramide du Louvre, se tenait, du 22 février au 5 mars derniers, le deuxième des quatre seuls-en-scène que présente le Festival Singulis, une autre des belles nouveautés de la Maison instaurées la saison passée : “L’Envers du music-hall” de Colette par la talentueuse Danièle Lebrun. Continuer la lecture

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Frederica Nadalutti se joue des périmètres

Dans cette période quelque peu détraquée que nous traversons, à peine baroque hélas, l’art abstrait nous attire comme un refuge, nous offrant une sorte d’asile politique où l’esprit peut se détendre. Dans l’abstraction il n’y a rien à comprendre, elle soulage le regard autant qu’elle le charme ou l’étonne. Le travail de Frederica Nadalutti participe à notre sauvetage provisoire. Elle expose en ce moment-même à la galerie « D’un livre l’autre », laquelle prend pour l’occasion des allures d’infirmerie de campagne. Continuer la lecture

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Les jeux olympiques à contre-courant

Quand le chef gaulois Abraracourcix envisage de participer aux jeux qui s’organisent à Olympie, c’est avec la potion magique en bandoulière. Dans cet album d’Astérix sorti en 1968 à l’époque des jeux de Mexico, il ajoute: « c’est comme ça que je comprends le sport: pas d’incertitude« . Les habitants d’Hambourg se sont prononcés contre la participation de leur ville par référendum mais il est peut probable que ce mode de consultation soit proposé aux Parisiens d’ici le mois de septembre au moment de la désignation de la ville gagnante. La maire de la capitale parisienne en effet ne cache pas son scepticisme à l’égard d’une formule où l’on répond souvent « à côté » de la question et a préféré organiser une de ces consultations aux résultats garantis sans mauvaise surprise. Continuer la lecture

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La Comédie-Française au temps jadis…

Dans la mythique salle du Vieux-Colombier, sous la chaleureuse charpente en bois rappelant la coque d’un bateau renversé, se tenait ce samedi 4 mars une journée particulière intitulée “Il était une fois… la Comédie-Française au Théâtre aux armées”. Le spectateur du XXIème siècle était convié à un voyage à remonter le temps, un retour de cent ans en arrière, pour revivre cette période de 1916 lorsque la Comédie-Française se produisait aux abords du champ de bataille pour tenter de divertir les poilus. Continuer la lecture

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Sweet Virginia

« Dites au juge que j’aime ma femme… ». Ces quelques mots, prononcés avec peine par le taiseux Richard Loving, résument toutes ses aspirations. Ça pourrait être banal, mais dans l’état de Virginie à la fin des années 1950, s’aimer est interdit si l’on n’a pas la même couleur de peau. Et c’est le cas pour Richard et Mildred Loving, lui blanc, elle noire (et cherokee), qui contreviennent à la fois à la loi et aux certitudes des classes dirigeantes. Le jeune couple essaie de contourner la loi en allant se marier à Washington, mais il est arrêté dès qu’il revient s’installer dans son comté natal. Continuer la lecture

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Grands corps rétamés

La résurrection passe entre autres choses par la capacité à approcher soi-même une fourchette à la bouche. Afin qu’il ne tombe pas toutes les deux minutes, l’ustensile est maintenu au poignet par une sangle. La plupart des « tétras » sont au même niveau. Et la blague la plus courante que l’on lance durant le repas c’est « passe-moi le sel« . Dans les salles obscures depuis peu, « Patients » nous rappelle ce luxe auquel on ne fait plus attention: aller où bon nous semble, nous laver quand ça nous chante, aller aux toilettes sans se faire aider. Continuer la lecture

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Un Anglais à Hollywood

Il s’agit d’une rareté. Le livre n’a apparemment fait l’objet d’aucune traduction et sa version originale semble épuisée. Son existence même aurait pu tomber dans l’oubli si “Les archives Stanley Kubrick” parues en août 2016 chez Taschen ne le mentionnaient inopinément dans un article de Gene D. Phillips consacré à “Lolita”. Les curieux anglophones pourront toujours se le procurer sur un site de vente en ligne à un prix soit ridiculement bas, soit monstrueusement élevé, selon que le vendeur en connaît la valeur ou non. “Before I Forget”, ainsi s’intitulent les mémoires de James Mason, le plus british des acteurs hollywoodiens (1909-1984), publiées aux éditions Hamish Hamilton en 1981. Continuer la lecture

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Chanson noire

Waco, Texas, en 1916 ; à moins que ce ne soit en juin 1936, ou plus récemment… Il se méfiait, le Tom, les blancs avaient mis leurs habits du dimanche. Mais nous n’étions pas dimanche. Tom presse le pas quand il passe devant le bar. Johnny « belle gueule » le regarde étrangement derrière la vitre surtout depuis qu’il sait que Tom sait lire mais pas lui, Johnny «  sale gueule ». Continuer la lecture

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Discrets jardins

Ce carré de verdure parisien fait partie des lieux sur lesquels on tombe par hasard. Il faut pour celui-là, passer le porche sécurisé de l’Institut Culturel Italien, rue de Varenne. Deux objets peuvent vous y conduire: une exposition en cours ou la toute petite bibliothèque qui se situe en sous-sol. Parmi ses charmes, l’hôtel de Galliffet compte un jardin avec ses quatre côtés presque égaux et ses chaises d’agrément qui invitent à la pause comme dans la cour intérieure d’un monument florentin. Continuer la lecture

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Cadix, un petit bijou andalou serti dans l’Atlantique

Petit îlot posé au bout d’une presqu’île, Cadix semble vouloir garder jalousement ses trésors. Les visiteurs lui préfèrent Séville, sa voisine, ou ses plus lointaines cousines, Cordoue et Grenade. Si Cadix est moins « léchée » que ses riveraines andalouses et garde peu de traces voyantes de son passé romain et maure, elle n’en déborde pas moins de charme. Certains la comparent à la capitale cubaine. Sa promenade en front de mer bordée de façades aux tons pastel fanés et la masse imposante de la cathédrale baroque qui s’y détache entretiennent l’illusion. Le fort, l’animation populaire de ses rues, par moments fatiguées, sont d’autres signes. A se demander si l’esprit de Christophe Colomb, le découvreur de Cuba parti à différentes reprises de Cadix, ne rôde pas encore par là. Continuer la lecture

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