Le ballon de rouge est devenu hors de prix

De jour et encore plus à contre-jour, il est bien difficile de s’ébaubir. Il paraît que de nuit c’est tout de même mieux lorsque l’assemblage de Joana Vasconcelos se met à clignoter sous ses carreaux de faïence rouge. Cela représente un cœur mais comme l’ensemble tourne, la première impression qui vient possiblement à l’esprit sous un certain angle est celle d’un ballon… hors de prix. Afin de décorer la station de tramway de la Porte de Clignancourt en effet, la mairie de Paris a signé un chèque de 650.000 euros, sans compter comme le laisse penser Le Parisien dans son édition du 28 février, les frais de mission d’un voyage à Lisbonne. Continuer la lecture

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L’itinéraire sans grâce de Philippe Val

Voici un étrange objet littéraire dont le principal argument de vente médiatique est dénié tout au long de ses 867 pages. « Ma vie sous la menace islamiste » titrait ainsi abusivement le Journal du Dimanche en accordant trois pages au dernier livre de Philippe Val « Tu finiras clochard comme ton Zola ». Certes, ce titre n’a pas les mêmes qualités marketing que celui du JDD mais, à défaut d’être immédiatement séduisant, il a une parenté moins contestable avec le récit qu’il couronne. Continuer la lecture

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Marina Tsvetaeva, poétesse dans l’âme

Marina Tsvetaeva (1892-1941), est, avec Anna Akhmatova (1889-1966), une des plus grandes poétesses russes du XXème siècle. Épousant l’Histoire chaotique et mouvementée de son pays en ce début de siècle (Première Guerre Mondiale, Révolution d’Octobre, famine à Moscou, Seconde Guerre Mondiale, apogée du stalinisme…), sa vie fut fatalement des plus tragiques. Avec “Et ma cendre sera plus chaude que leur vie” qui se joue actuellement au Lucernaire, la metteuse en scène Marie Montegani et la comédienne Clara Ponsot nous invitent à nous plonger dans l’intimité de cette femme de lettres on ne peut plus singulière. Continuer la lecture

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La lettre du Caire

Il est plaisant de croire que le 2 mars 1919, un groupe de « fanfares endeuillées » s’employa à saluer la mémoire de Guillaume Apollinaire dans quelque lieu du Caire, en Égypte. L’information a été donnée sous forme d’une lettre publiée dans la revue SIC , un organe que dirigeait alors Pierre-Albert Birot. Ce numéro double (42&43), daté mars-avril 1919 faisait suite à un numéro spécial consacré à l’écrivain disparu quelques mois plutôt. Rien n’est dit des circonstances précises de la prestation cairote. Très courte, la lettre du 14 mars 1919 disait ceci: Continuer la lecture

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Un mystère vieux de 18 000 ans

On entend les aboiements du chien « Robot », puis les voix des 4 adolescents Marcel Ravidat, Jacques Marsal (ci-contre), Georges Agniel et Simon Coencas. Notre guide s’est mis volontairement devant l’enceinte qui diffuse la bande son, pour mieux ménager ses effets. Nous sommes à Montignac en Dordogne en septembre 1940. Le chien, en pourchassant un lapin, a mis à jour une cavité. Quelques jours plus tard ils reviennent sur les lieux, les lieux de la découverte de la grotte de Lascaux.
Nous connaissons tous l’histoire de l’ouverture au public en 1948, 8 ans plus tard, puis la fermeture 15 ans après en 1963. Puis le premier « fac similé » en 1983. Continuer la lecture

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Le chemin de lanterne

Il s’était égaré. Dans le dédale des rues et tout à sa rêverie, il avait perdu les pédales. Il se souvenait bien de ce marchand de crapauds en cage devant lequel il était passé. L’étiquette en idéogrammes ne lui avait pas permis de savoir à quoi ces petites bêtes étaient vouées. Il se rappelait qu’il était resté longtemps face à la devanture. Et puis il avait remonté la rue sans véritablement se rendre compte qu’il croisait de moins en moins de monde. Juste des silhouettes fugitives qui lui jetaient un regard bref, fuyant. Et progressivement il s’était retrouvé seul. Isolé dans, pensait-il, un bout de périphérie de cette grande ville asiatique. Les bruits de la ville s’estompaient en chuchotis de plus en plus ténus. Continuer la lecture

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Fastes impressionnistes à la Fondation Vuitton et précieux Nabis au Musée d’Orsay

Nous pouvons voir la fastueuse collection Samuel Courtauld à la fondation Vuitton en ce moment tout simplement parce que des travaux de rénovation sont en cours au siège londonien du Courtauld Institute of Art et de la Courtauld Gallery à Somerset House, ancienne Royal Academy of Arts.
Ce qui nous donne l’occasion de voir une série de chef d’œuvres impressionnistes et post impressionnistes non montrés en France depuis l’unique exposition au musée de l’Orangerie en 1955, de ces œuvres que nous connaissons pour les avoir vues souvent reproduites dans les livres. Et comme tout l’espace du monde est disponible à la fondation Vuitton, on peut les regarder sans qu’elles se bousculent, placées souvent une par une sur un mur entier (mais hélas, parions le, au milieu de l’habituelle foule bruyante). Continuer la lecture

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Mitchum à vif

Mitchum avait une façon pour le moins décontractée d’évoquer son métier d’acteur. D’abord il jugeait que si le chien Rintintin en était capable, lui pouvait le faire aussi. D’autre part il ne se racontait pas d’histoires avant de passer devant la caméra. Il estimait à ce moment précis où quelqu’un criait « moteur » : « Je suis comme une vieille pute, je n’ai pas besoin de me préparer. Je me pointe et je m’y mets ». Selon lui et pour finir, alors que « les jeunes ne veulent parler que de la méthode et de la motivation de leur personnage », à son époque en revanche, « on ne parlait que de baise et d’heures sup ». Ces propos rafraîchissants quoique tout à fait périmés, ne peuvent qu’inciter à découvrir son portrait qui sort en salles le 27 février. Continuer la lecture

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Cahiers de doléances et grands débats

Deux personnes, un homme et une femme conversent. Derrière eux des écrans où défilent en boucle des manifestations de « gilets-jaunes » et des voitures incendiées dans les rues de Paris, Bordeaux ou Toulouse. Images en boucle d’une révolution qui se cherche. Sur d’autres écrans, des extraits de films comme « la Terreur et la Vertu », la « Révolution » « Si Versailles m’était conté ». Images en boucle d’une révolution classée et répertoriée… trop, peut-être. Continuer la lecture

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Orphée, farce onirique

Si le film “Orphée” (1950), chef d’œuvre incontestable du 7ème art, renferme toute la mythologie de Jean Cocteau (1889-1963), celui-ci ne cessa tout au long de sa vie de rendre hommage au poète de Thrace, à travers dessins, théâtre et cinéma. Orphée, poète parmi les poètes, auquel Cocteau consacra dès 1926 une farce moderne en un acte, tout à la fois burlesque et onirique. Créée au Théâtre des Arts, à Paris, le 17 juin 1926, par Georges Pitoëff, qui signait également la mise en scène, et son épouse Ludmilla dans les rôles respectifs d’Orphée et d’Eurydice, la pièce fut rarement, voire jamais, montée depuis. Aujourd’hui, près d’un siècle plus tard, il nous est enfin offert de la découvrir sur la petite scène du Théâtre Noir du Lucernaire et ce pour notre plus grand bonheur. Continuer la lecture

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