C’est l’une des scènes les plus étonnantes du film. L’équipe de sauvetage envoie un drone de repérage dans le tunnel. Et il est suivi trente secondes plus tard par une escadrille de drones supplétifs, expédiés par les médias venus en masse pour capturer des images de la catastrophe. Quelque part en Corée, un tunnel s’est effondré avec croit-on savoir, un seul survivant en plein milieu. Le réalisateur Kim Seong-hun a pris le parti d’éviter les codes et les poncifs du film-catastrophe et c’est ce qui fait que l’on tient jusqu’au bout avec très peu d’oxygène et très peu d’eau. Continuer la lecture
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Sa mémoire le tourmente. Sa faculté d’élocution se fragmente. Quand il veut s’exprimer sur les présidentielles, il a du mal à mettre les syllabes d’un candidat dans le bon ordre. Il trébuche sans cesse dessus, parfois il hybride le nom de deux candidats en un seul. Alors il lit Cesare Pavese à voix haute et tout redevient clair. Juste avant de se suicider, en 1950, le poète italien a écrit un dernier texte qui disait « La mort viendra et elle aura tes yeux ».
Le psy lui explique qu’après l’attentat, son cerveau a opéré une dissociation afin de se protéger. Elle lui dit qu’elle a l’impression « d’être spectatrice » de son « implosion » et le psy lui confirme que c’est « exactement ça », une dissociation. Il lui indique pour conclure qu’elle pourra en faire une BD quand sera venu le temps de la « ré-association« . Car Catherine Meurisse est auteur de bande dessinée. Rescapée de la tuerie de Charlie Hebdo.
Si vous fréquentez régulièrement les rayons musique de la Fnac (dans mon cas à la recherche du dernier CD du « tenorissimo » Jonas Kaufmann ou de quelque DVD d’une nouvelle « stupenda »), vous n’avez pas manqué de noter ce phénomène : au fur et à mesure où les rayons CD et DVD diminuaient, ceux des vinyles ne cessaient de s’étendre de tous côtés. Mais quelle surprise lorsqu’il y a quelques semaines, dans « ma » Fnac de Boulogne, je suis tombée nez à nez avec Jonas en personne : fine moustache et barbe bien taillés, cheveu bouclé, chemise blanche déboutonnée, veste noire, il me regardait droit dans les yeux, toujours aussi sûr de son talent et de son charme.
Quoi de plus naturel qu’une fenêtre-hublot pour illustrer un livre sur l’art déco. Cette ouverture est le signe qui ne trompe pas pour qui cherche sur les façades parisiennes cet art majeur apparu entre les deux guerres. Celle-là est un détail d’un immeuble situé 3 rue de la Cité Universitaire. Deux auteurs viennent de consacrer tout un livre aux nombreuses pépites art-déco qui foisonnent dans les rue de Paris. Emmanuel Bréon et Hubert Cavaniol pour les textes, Laurent Thion pour les photos, « Paris Art Déco » est une somme généreuse de tout ce que la capitale a su conserver dans ce domaine si séduisant.
Les règles de la géométrie ne laissent aucun doute, aucune marge de négociation : deux lignes parallèles ne se rencontrent jamais. Alors il doit y avoir une certaine ivresse pour un écrivain à transgresser cette vérité. A fortiori quand il s’agit d’un roman reposant largement sur la puissance et les ambitions contradictoires de la création littéraire et artistique. Ne pas s’y méprendre : sans rien céder à la tentation démonstrative, le second livre de Jessie Burton, « Les filles au lion », est un roman envoûtant qui se déguste page à page (près de 500 tout de même !).
Avec la conscience professionnelle d’un photo-reporter, l’auteur de la tapisserie géante a ajouté une légende. Le texte indique qu’il s’agit du mariage de Louis XIV avec Marie-Thérèse d’Autriche. La cérémonie se déroulait à Saint-Jean de Luz le 9 juin 1660 mais ce qui compte en l’occurrence c’est le fauteuil à droite au premier plan. Parce que c’est lui le sujet de l’exposition qui vient de débuter à la Galerie des Gobelins avec le concours du Mobilier National. Une longue histoire de préséance et de séants.
La surprise est venue au détour d’un documentaire présenté sur France 3, le vendredi 28 avril. Il s’agissait d’un long portrait de Jean Gabin, acteur qui n’avait pas son pareil pour emballer les plus belles actrices. Et voilà qu’au milieu des 110 minutes, était montré un extrait de « La minute de vérité », film de Jean Delannoy sorti en 1952. Dans une scène où un couple règle ses comptes, Gabin dit à Michèle Morgan: « d’autant plus que je n’ai pas de charme moi, je ne dessine pas de chevaux moi, je ne suis pas intelligent moi, je ne me casse pas la tête contre Apollinaire moi, je suis un pauvre con moi!. » Anecdotique? Pas vraiment. Trois fois au moins sur ses 95 films, Jean Gabin citera Apollinaire.
L’appel du muezzin vient déchirer le ciel à la tombée de la nuit. Bruits de rue sous mes fenêtres. Des passants s’apostrophent, des enfants piaillent joyeusement. Leurs rires disparaissent sous le vrombissement poussif des dernières voitures. Petit à petit la circulation tarit. Claquement rythmé des talons qui martèlent le trottoir, les piétons accélèrent le pas, pressés de rentrer avant le couvre-feu.
inalement, celui qui s’en sort le mieux, c’est celui qui joue l’imbécile. Il vient de reprendre un restaurant et « briefe » son équipe de serveuses avec des principes de management débiles. L’une des serveuses, Aurore, est interprétée par Agnès Jaoui avec ce jeu si particulier dont elle ne se départit plus quel que soit le rôle qui lui est attribué. À vrai dire presque rien ne fonctionne correctement dans ce film qui additionne pourtant moult talents.