C’est une véritable révolution silencieuse qui se trame au sein même de l’honorable Musée d’Art et d’Histoire de Genève, un des plus grands musées suisses bâti en 1910 par l’architecte Marc Camoletti et qui rassemble des collections archéologiques, d’arts appliqués et des beaux arts d’une diversité fascinante. À la manœuvre, le jeune et nouveau directeur Marc-Olivier Wahler, donne carte blanche au Français Jean Hubert Martin pour poser un œil neuf sur les collections du musée. Dans le cadre de cette carte blanche le travail du commissaire d’exposition a consisté à présenter plus de 550 œuvres du musée dans des thématiques variées, avec une scénographie entièrement renouvelée et découpée en chapitres rappelant ainsi la lecture d’un livre. Continuer la lecture
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On peut saisir l’occasion d’une exposition sur le cirque et les saltimbanques au Musée des Beaux-Arts de Rouen afin d’aller se rafraîchir les idées là où le lit de la Seine est bien plus vaste qu’à Paris. Qui plus est dans une ville où les musées sont gratuits. Et découvrir que Max Jacob, dont l’œuvre peint est mal connu, avait réalisé une adroite autant que subtile représentation du monde circassien. Il avait découvert cet univers aux environs de 1905 grâce à son ami Picasso. Fixes ou itinérants, les cirques étaient nombreux à Paris et Max Jacob fit même un texte d’inspiration poétique sur ce thème intitulé « Le cirque de Californie ». Cette gouache ci-dessus (détail), qui date de 1928, témoigne que Max était resté fidèle à cette chorégraphie si particulière, faite de clowns et d’acrobates. L’exposition nous montre aussi d’autres peintures, de Fernand Léger ou de Raoul Dufy, une vue du célèbre Cirque Medrano par Stanislas Lépine, une autre tout à fait remarquable du Cirque Impérial à Paris devenu jusqu’à nos jours le Cirque d’Hiver.
Une banale histoire peut prendre les apparences d’une fable, car souvent le réel revêt les oripeaux de la parabole pour mieux nous mystifier. Voilà une de ces grandes épopées dont les récits scandent les nuits de l’humanité telles le « Māhābhārata », celle du roi Gesar de Ling, « l’Iliade », « l’Énéide » ou encore celle de Soundiata portée par les griots mandingues du Mali. Il s’agit d’une somme de cent mille vers de onze syllabes, couvrant l’histoire de l’Iran, des origines de l’univers jusqu’au 7e siècle de l’ère chrétienne, juste avant l’arrivée de l’islam. C’est donc une fable bien ancienne, le récit romancé de l’écriture du « Shâhnâmeh » (Le Livre des Rois ou Le Roi des Livres) du poète persan du 10e siècle Ferdowsi. Lequel ouvrage peut non seulement charmer mais aussi mieux faire comprendre la profondeur historique d’un pays sans cesse sur le front de l’actualité.
En juillet 1938, à Évian, Golda Meir assiste, effarée, à une conférence interétatique voulue par le président Roosevelt. Trois mois après l’annexion de l’Autriche par l’Allemagne nazie et alors que la persécution des juifs prend une ampleur affolante en Europe, celle qui est alors représentante de l’agence juive pour la Palestine, ne peut que constater qu’il s’agit, entre autres défaillances, de ne pas froisser Hitler. « Être assise là, dit-elle alors, dans cet endroit magnifique (l’hôtel Royal ci-contre, ndlr), à écouter les représentants de trente-deux nations expliquer, chacun leur tour, à quel point ils aimeraient accueillir de nombreux réfugiés et combien ils sont malheureux de ne pas pouvoir le faire est une expérience effroyable ». Et de poursuivre: « Ceux qui n’auront pas vécu ça, auront du mal à comprendre ce que je ressens ici, à Évian. Un mélange de douleur, de frustration et d’horreur. » Le Mémorial de la Shoah revient, jusqu’au 8 mai prochain sur cette catastrophe, en prenant comme angle original l’activité diplomatique. Une exposition édifiante dans les deux sens, entre ceux des chancelleries qui ont aidé et ceux qui ont collaboré car il en fut.
L’actualité de la jeune pensionnaire Rebecca Marder (1) semble fort à propos illustrer les relations entretenues par le Français avec le 7ème art, actuellement mises en avant à la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé. À travers une sélection d’archives (extraits de films, photographies, affiches, costumes, bustes…), l’exposition “Comédie-Française et Cinéma. Aller-Retour (1908-2022)” met en lumière cette relation parsemée de va-et-vient qui unit depuis plus d’un siècle la Maison de Molière au cinéma : pièces de théâtre devenues films, scenarii inspirés ou adaptés de pièces du Répertoire, scènes cadrées par l’œil d’une caméra, réalisateurs mettant en scène les Comédiens-Française en leur Maison… Les combinaisons sont multiples et ne cessent d’évoluer. Par le prisme des interprètes, ces comédiens de théâtre se faisant acteurs de cinéma ou acteurs intégrant la prestigieuse institution, quand ils ne mènent pas concomitamment les deux carrières, l’exposition s’avère avant tout une véritable déclaration d’amour aux comédiens.
Résumer Gravelines à sa centrale nucléaire, ce serait dommage. Évidemment, vue de la plage, elle est impossible à rater, avec ses six dômes de béton correspondant à ses six réacteurs. Tout le monde sait ici et même au-delà que c’est la plus puissante d’Europe. On ne peut pas dire qu’elle en impose vraiment, mais quand même, elle se pose un peu là. Comme nous l’a expliqué l’ancien maire qui se promenait avec son chien sur la plage, elle est aussi bonne mère pour cette belle cité fortifiée, et pas seulement pour les emplois. Il se trouve que ce n’est pas seulement la centrale qui fait l’actualité du coin mais aussi son Musée du Dessin et de l’Estampe Originale qui vient de démarrer une exposition autour de Gustave Doré (1832-1883). Elle se tient dans l’ancien arsenal, remarquablement entretenu. Un bon motif pour découvrir la ville et son extension Petit-Fort-Philippe, peinte avec beaucoup de subtilité par Georges Seurat au soir de sa vie,(1859-1891).
Il est tout de même assez rare que le contenant d’un livre honore à ce point son contenu. Découverte fortuitement à la bonne librairie parisienne Delamain, cette toute récente collection s’intitule « Les Plis ». Et pas par hasard, puisque chaque ouvrage, traduit de l’italien, est fait pour être expédié, avec un emballage ad hoc comprenant une place pour l’affranchissement. La maison L’Orma, dont le siège se trouve à Rome, a déjà à son actif une vingtaine de livres présentant un échantillon de lettres d’écrivains, penseurs, intellectuels, musiciens, philosophes, allant d’Apollinaire à Stendhal en passant par Gramsci, Poe, Verdi, Mary Shelley ou encore Virginia Woolf. Ils sont à la fois une porte d’entrée originale pour ceux qui ne les connaissent pas ou bien si l’on veut, un bel objet de collection pour les bibliophiles. En novembre 2021 est ainsi paru un volume sur Guillaume Apollinaire avec une chaude sélection de lettres à Lou, la femme qu’il aima passionnément alors qu’il était encaserné à Nîmes.
Comment ne pas penser à Pavarotti, toutes proportions gardées et bien gardées, pour ce premier récital parisien de l’Américain Michael Spyres lors des Lundis musicaux de l’Athénée lundi dernier ? Même accueil délirant du public, même façon d’établir un contact incroyablement chaleureux. Dès son entrée sur scène, le ténor au sourire conquérant a éprouvé le besoin de nous dire, dans son français un peu haché, «Merci, merci, merci d’être là si nombreux ! Vraiment merci !» comme si c’était une divine surprise, alors qu’il est le seul bariténor au monde de ce niveau, demandé sur les plus grandes scènes. Effectivement la comparaison avec Pavarotti s’arrête là, car leur art du chant et leur répertoire, à quelques Mozart près, n’ont rien de commun. Leur histoire non plus.
Le sculpteur anonyme de cette amulette phallique n’avait certes versé dans le genre allusif. Malheureusement, la notice qui l’accompagne n’en dit pas grand chose. On apprend néanmoins que cette statuette de bronze date du premier siècle après Jésus-Christ. Et qu’elle a été retrouvée 1900 ans plus tard sur le boulevard de Belfort à Amiens. Une vidéo publiée sur le Musée de Picardie nous en dit un peu plus. Elle était l’expression « d’un culte païen dédié à Priapus » et faisait partie de « la vie courante des Romains ». Parmi les nombreuses pièces archéologiques qui emplissent les sous-sols du Musée de Picardie, cette amulette amuse et étonne. Maintenant que l’établissement a été refait et bien refait, la visite en vaut la peine. Et conseil a été donné au visiteur de commencer par les sous-sol voûtés, là où se trouvent des trésors archéologiques, de la région et d’ailleurs. Ici c’est un peu comme le Louvre mais en plus compact, on y navigue également de surprises en surprises.
Depuis ses lointaines origines grecques, le mot « zone » a taillé sa route. Pour être plus exact, il s’est décliné, démultiplié en de multiples acceptions. En grec il signifiait tout bonnement « ceinture » mais il n’est pas certain que les Hellènes aient cru bon d’aller au-delà, afin de former des syntagmes à tout faire comme 2000 ans plus tard. Dernier avatar en date, l’idée répétée jusqu’à la nausée, est qu’il serait bon, pour le bourgeois pépère, de « sortir de sa zone de confort ». Bref de lâcher la bride, traverser les frontières du moi afin de gagner quelque périlleux point de Lagrange, voire carrément de rallier l’héliosphère, zone de tous les possibles. Quand il avait -génialement- titré son poème « Zone », Apollinaire s’était inspiré d’un périmètre détaxé quelque part aux confins du Jura. Ce faisant et cela n’a pas assez été souligné, il avait ainsi réalisé, peut-être pour la première fois de l’histoire, une ode d’inspiration fiscale.