Il vécut au temps de la Révolution (1771-1842) mais ne professait pas pour autant des idées révolutionnaires. S’il laisse une trace dans l’histoire, c’est plus pour ses écrits en faveur du bien-être de ses contemporains agriculteurs pour lesquels il vouait une authentique passion. Né dans un village des Deux-Sèvres un premier janvier, Jacques Bujault, fils et petit-fils d’avocat, fut abord imprimeur puis avocat lui-même et, à ce titre, s’intéressa au sort des populations rurales, souffrant «de les voir ignorantes, routinières, parfois débauchées et chicanières». Son œuvre maîtresse fut «Le Grand Almanach du bon cultivateur», ouvrage qui devait se retrouver «sous le toit le plus obscur» afin «d’instruire et moraliser le cultivateur même le plus humble». Effectivement, le tirage de cet Almanach atteignit, nous dit-on, jusqu’à 500.000 exemplaires. Continuer la lecture
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Il suffit de l’entendre et de la voir pour se dire aussitôt, selon son degré de wagnérisme, «Voilà une Walkyrie !» ou «Voilà une Brunhilde ou une Isolde !». C’est exactement ce qui s’est passé, il y a six ans, au fameux concours international « Operalia » fondé par Placido Domingo en 1993 pour lancer les voix nouvelles, où l’on découvre chaque année les divas et divos du jour.
L’un des secrets de la France pour amadouer un chef d’État ombrageux en visite officielle se trouve d’abord en cuisine. Et ensuite sur une de ces tables garnies pour les grandes occasions où le cristal, l’argenterie et la belle porcelaine se liguent pour flatter les plus grincheux. Pour son exposition sur les arts du repas à travers les âges, le Musée national de céramique a consacré tout un chapitre scénographique en regard de cette compétence française sur la réception des hôtes internationaux. C’est entre la poire et le fromage, l’estomac déjà tapissé des meilleures sauces et des meilleurs vins que se dénouent sans doute maints problèmes de frontières et que se scellent aussi nombre de contrats d’armement. La diplomatie tricolore est ainsi faite. Si dans les sous-sols de l’Élysée se trouvent à la fois la cave à vins et le PC Jupiter, c’est que l’on sait jouer habilement sur les deux tableaux.
Depuis 1939, le Maréchal Joffre ou du moins sa statue de bronze, ne voyait qu’une chose. Au bout d’une perspective de 800 mètres il pouvait en effet embrasser la totalité du Champ de Mars, admirer la Tour Eiffel et derrière encore, le Palais de Chaillot. Mais voilà, l’homme réputé vainqueur de la première guerre mondiale a été incarcéré dans le Grand Palais éphémère, construit à toute vitesse le temps que le vrai soit rénové à grands frais. Dans cette démarche diablement inclusive -c’est la mode-, Joffre se retrouve face à son altier reflet pour une durée d’au moins quatre ans, le temps que certaines épreuves des Jeux Olympiques de 2024 s’y déroulent. Selon un de ces communiqués abscons qui fleurissent désormais tous les jours, la structure vendue comme provisoire pour 40 millions d’euros, « est une construction flexible, agile » et surtout « bio-sourcée-circulaire ». Il fallait inventer ce combo-lexical, ça manquait à un tableau langagier déjà bien fourni en inepties. Il paraît que l’on discerne l’ensemble sur les photos prises par Thomas Pesquet depuis la station spatiale internationale, mais pour les détails, faut descendre. Chacun son piédestal.
Si aujourd’hui les images de la guerre nous sont devenues si familières, il n’en fut pas toujours ainsi. Il fallut l’invention et le perfectionnement de la photographie puis du cinéma pour que cela le devienne. Auparavant, peintres et dessinateurs accompagnaient l’armée tout comme aujourd’hui les « soldats de l’image » du service de L’ECPAD (Établissement de communication et de production audiovisuelle de la Défense) dont sont issues les photographies d’une exposition qui vient de débuter au Mémorial 14-18 Notre-Dame de Lorette. Elle met justement en lumière les liens qui unissent la mémoire et les images d’hier à aujourd’hui. Si les techniques sont différentes, elles concourent toutes au même résultat, informer ceux qui ne sont pas sur le théâtre des opérations, faire témoignage et alimenter les archives.
Après des mois et des mois de fermeture, voici que la Comédie-Française peut enfin rouvrir ses portes au public. Ô joie ! Elle rouvre le Studio-Théâtre avec une pièce d’un des auteurs contemporains les plus joués en France et devenu, après sa mort, un classique du XXème siècle : Jean-Luc Lagarce (1957-1995). Double joie. Moins connue sans doute que ses pièces les plus souvent à l’affiche (1), “Music-hall” (1988) est une sorte de “monologue à trois voix” au cours duquel une chanteuse sans âge, accompagnée de ses fidèles compagnons de tournée, revient sur sa vie d’artiste de cabaret. Trois ans après la délicate et très réussie mise en scène de “J’étais dans ma maison et j’attendais que la pluie vienne” (Chloé Dabert, Théâtre du Vieux-Colombier, 2018), Lagarce, entré au Répertoire de la Comédie-Française en 2008 avec “Juste la fin du monde”, revient donc faire entendre son écriture raffinée et poétique sur les plateaux du Français. Porté par une Françoise Gillard épatante et méconnaissable, ce spectacle ne pouvait être mieux trouvé pour sceller des retrouvailles tant attendues !
Consuelo ne savait pas s’il était mort. Et malgré une intuition de plus en plus prégnante depuis le silence brutal de son mari aviateur disparu en service commandé, elle a continué d’entretenir cet amour qui l’unissait à Antoine de Saint-Exupéry en sculptant notamment son visage et son buste. Un livre paru en 2005 aux éditions Les Arènes nous raconte que José Martinez, l’héritier de Consuelo qui préparait une exposition sur ses archives, avait fait enlever le cadre d’un portrait peint de l’écrivain et pilote. Et il a eu la surprise de découvrir qu’au verso était caché un portrait de Consuelo. Le même livre nous dit qu’Antoine conservait en permanence dans son portefeuille, une photo de leur mariage. En fait il conviendrait de lire cet ouvrage en guise de briefing avant de découvrir la correspondance entre les deux époux qui vient de paraître chez Gallimard.
Insolite et ambitieuse exposition que celle qui se déroule à Orsay au moment où on apprend la nomination de sa présidente, Laurence des Cars, comme future présidente du Louvre. On a voulu, par un foisonnement d’œuvres, nous entraîner dans un étonnant voyage évoquant les confins du monde et l’invention de la nature au cours d’un «long XIXème siècle» se prolongeant, artistiquement parlant, de la Révolution française jusqu’à la première Guerre mondiale. Au cours de cette période où les expéditions scientifiques se multiplient, les théories de l’évolution bouleversent les anciennes croyances bibliques de la Création du monde, et les sciences de la Vie et de la Terre, paléontologie, géologie, biologie, écologie, ouvrent des perspectives stupéfiantes. Les sciences naturelles au sens large dominent alors les connaissances des hommes et l’imaginaire des créateurs. Coréalisée avec le Musée des Beaux-Arts de Montréal, l’exposition est aussi le fruit d’un «partenariat exceptionnel du Muséum national d’histoire naturelle». Tout un programme…
Certaines rencontres transfigurent la vie de personnes au départ vouées à un parfait anonymat. Quand Auguste Renoir choisit de s’établir à Essoyes en Champagne-Ardenne, la jeune femme qu’il choisira pour poser devant son chevalet connaîtra une tout autre destinée que la vie paysanne. Il en ira de même pour Ernest Delahaye, simple écolier à Charleville lorsqu’il fera la connaissance en 1867 des frères Rimbaud, Frédéric et Arthur. Dans un livre qui vient de sortir, intitulé « La constellation Rimbaud », Jean Rouaud raconte que « fasciné » par Arthur, Ernest passera une bonne partie de ses jours « le nez en l’air à guetter » le passage du génie. Son parcours aurait dû être ordinaire, mais grâce à cette conjonction miraculeuse, il fera la connaissance du Paris artistique comprenant des noms célèbres comme Verlaine ou Mallarmé. Dans son livre, Jean Rouaud s’est attaché à portraiturer l’auteur des « Illuminations » en listant les noms-clés et cartographiant les lieux importants.
Un livre sur Ernest Hemingway (1) explique que son style d’écriture, à l’origine de son succès et sans doute de son prix Nobel, doit beaucoup au «code de bien-écrire journalistique composé de cent règles de style» édictées par le Kansas City Star. Journal fondé en 1880 et pour lequel il travailla quelques mois, en 1917. «C’étaient les meilleures règles que j’aie jamais apprises pour le métier d’écrire», disait-il. Nous avons eu la curiosité d’aller voir de quoi il s’agissait. Il suffit en effet de taper «Kansas City Star writer recommendation» sur la fenêtre Google pour avoir, en première occurrence, un document pdf de deux pages dudit journal, donnant un fac-similé des fameuses règles des années 1917-1918. Les auteurs expliquent que c’est bien le document auquel Hemingway s’est historiquement référé. Et qu’on le leur demande tellement souvent qu’ils en ont fait une réponse quasi-automatique.