La parenthèse de l’été

Toujours mobilisé, Guillaume Apollinaire avait tiré un bord il y a maintenant 100 ans, jusqu’en Bretagne, dans le village de Kervoyal. Il ne savait pas que ce serait son dernier été. Puisque la grippe espagnole allait l’emporter comme tant d’autres, à l’automne. Nous trouverons le moyen, aux Soirées de Paris, de lui rendre hommage à l’occasion de ce dernier centenaire. Ce que nous ne cessons de faire par ailleurs depuis huit ans puisque pas moins de 155 articles (sur 1966) lui ont été consacrés. Il est toujours possible de les lire en cliquant sur un seul lien (1). Continuer la lecture

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L’étrange tic-tac de Kourou

À une distance raisonnable du pas de tir, il avait assisté au décollage de la fusée. Peu de temps après il rejoignit un certain nombre de notables et d’ingénieurs au bord de la piscine de l’hôtel. Dans l’ensemble il avait trouvé la mise sur orbite d’un satellite de communication plutôt ennuyeuse. Le vol du retour pour Paris n’étant pas prévu avant le lendemain, il s’était rendu sur la plage à proximité de l’hôtel, là où le fleuve Kourou déploie son embouchure, par-là où autrefois transitaient les bagnards. Continuer la lecture

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Plaques de résistance

Comme bien souvent le bouquet a fané.  Il est aussi trop haut pour être chapardé. Enveloppé d’un film plastique, il figure en-dessous d’une de ces nombreuses plaques que compte Paris dans ses rues en hommage à des figures de la résistance. Dès 1940, dans cet immeuble encore tout neuf de l’avenue Debidour, une certaine France Bloch-Serazin avait installé un laboratoire clandestin où elle préparait des explosifs. Arrêtée en 1942, elle a fini décapitée en Allemagne car la France n’autorisait pas la mise à mort des femmes. Juive et communiste, elle est décédée prématurément, tout comme son mari et sa grand-mère. Continuer la lecture

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Le 4 juillet d’un poète engagé dans l’action

4 juillet. Il se pencha légèrement par la fenêtre. Il avait du mal à apercevoir ce qui se passait dehors car, de sa chaise roulante où il était cloué depuis quelque temps déjà, il ne pouvait effectuer qu’un faible mouvement du corps, lent et malhabile. Des cris traversèrent la rue et vinrent heurter ses tympans. Comme en ce funeste et immémorial mois de juillet, déjà… Lorsque la Révolution, la grande, la mère de toutes les autres, fit vaciller sa jeunesse, le priva à tout jamais d’une partie de sa famille et le condamna à l’exil.  Continuer la lecture

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Un été avec Gaspar de Crayer

Un monsieur très honorable, ce Gaspar de Crayer. Si le vingtième siècle a quelque peu oublié ce peintre né à Anvers en 1584 dans une famille d’artistes, il fut en son temps une des plus hautes personnalités, un artiste connu et reconnu par la bonne société flamande. Ducs ou archiducs, princes ou marquis lui commandèrent leurs portraits. Il fut même chargé d’exécuter celui du roi d’Espagne Philippe IV. Le monarque (ci-contre), à qui la nature n’a guère donné la grâce physique, apparaît quelque peu engoncé dans son armure d’apparat. N’empêche, l’imposant tableau de presque deux mètres de haut sera exposé trois siècles plus tard au Metropolitan Museum de New York. Continuer la lecture

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Ah c’est pour ça…

Les univers paranormaux n’existent par définition que par rapport à la normalité alors que l’inverse est impossible. Dans certains cas les deux mondes fusionnent et c’est ce qui fait toute l’étrangeté du film « Au poste » mitonné par Quentin Dupieux. L’histoire met en scène un homme standard issu de la vie courante et plongé dans l’intimité d’un commissariat de police. Absurdement soupçonné de meurtre il a affaire a toute une équipe de policiers somnambules et à l’intelligence poreuse. Continuer la lecture

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La vie discrète des effondrilles

Les invités sont partis en promenade avec en tête un léger doute sur la possibilité d’un orage. Ils ont laissé derrière eux, face à la pièce d’eau, un parasol jaune et des chaises en osier. Et sur la vieille table en fer, peinte et repeinte depuis trois générations avec le même enduit vert, une théière haute époque achève de tiédir en son sein un fond humide épongé de thé noir. Autour, les oiseaux chantent à tue-tête sur les branches du prunier dont les fruits arrivent à maturation. C’est l’été et comme la famille est partie se rafraîchir auprès de la rivière toute proche, un calme relatif s’est installé, seulement troublé par le vrombissement des guêpes affairées. Continuer la lecture

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Au Bois des Buttes, Yves Gibeau offre une stèle à Apollinaire

Ironie de l’histoire : un siècle après la plus grande tuerie du XXe siècle, alors que Français et Allemands sont aujourd’hui les meilleurs amis du monde, des drapeaux français flottent aux façades des maisons des villes martyres de la Grande Guerre. Ces bannières tricolores ne prétendent pas revendiquer la victoire contre l’ennemi. Si elles témoignent d’un certain patriotisme, ce n’est que celui de la guerre en crampons, le football. Les supporters de l’Aisne ou de la Marne ne sont pas autrement que les autres. Ce clin d’œil aurait sans doute plu à Guillaume Apollinaire et lui aurait peut-être rappelé le poème qu’il écrivit pour le mariage de son ami André Salmon en 1909, la veille du 14 juillet : «On a pavoisé Paris parce que mon ami André Salmon se marie». Continuer la lecture

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Pour un petit chromosome en plus

Avoir un enfant atteint d’une malformation, d’un handicap ou d’une trisomie 21, est, avouons-le, l’angoisse de tout futur parent. Vincent Toulmé, dans “Ce n’est pas toi que j’attendais”, nous raconte avec une sincérité confondante l’arrivée de sa deuxième fille, Julia, atteinte du syndrome de Down. Une bande dessinée salutaire dont la lecture ne peut que nous aider à mieux comprendre la différence. Continuer la lecture

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«Jericó, le vol infini des jours», un documentaire colombien lumineux

Envie d’un grand voyage empreint de beauté et de sagesse qui vous emmène loin ? Avant qu’il ne soit trop tard précipitez-vous dans l’une des rares salles de cinéma à projeter «Jericó, le vol infini des jours», un documentaire lumineux. Ce petit bijou latino, à l’atmosphère joyeuse ponctuée de vieilles chansons populaires colombiennes, ne restera sans doute pas longtemps à l’affiche. Continuer la lecture

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