Datation au carbone publicitaire

Cette photo représente un aspect de la place de la République, à proximité de la rue du Faubourg du Temple. Elle comporte des immeubles, une entrée de métro et une publicité. Mais cette vue n’existe plus. Car l’annonce exposant de la lingerie féminine a été remplacée. Si la publicité est naturellement éphémère, le fait de la figer sur une carte mémoire photographique permet de dater la vue, en l’occurrence l’automne 2017. Personne ne n’en soucie vraiment mais quand elles sont de dimensions raisonnables, les pubs égaient aussi la rue. Continuer la lecture

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Une tempête de toute beauté

Peu montée en France, atypique, énigmatique, inclassable, – elle n’entre dans aucune des trois catégories des pièces shakespeariennes, à savoir les comédies, les tragédies et les pièces historiques – “La Tempête” (1611) est sans doute la dernière pièce écrite par William Shakespeare (1564-1616) avant de se retirer définitivement dans sa ville natale de Stratford-upon-Avon. Elle est ainsi souvent considérée comme son œuvre testamentaire.
Pour le metteur en scène canadien Robert Carsen, il s’agit là, en revanche, d’une première. Continuer la lecture

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Un folle envie de couleurs

Il suffit de se placer derrière la grosse bulle rouge pour que la fête des couleurs soit complète. Avec des éléments de mobiliers signés Philippe Starck en arrière-plan, nous voilà admis en marge d’un Ektachrome composite dont l’effet sur la rétine s’avère des plus bienfaisants pour notre métabolisme. Et c’est finalement ce que l’on se surprend à chercher -avec des succès divers- en cet hiver précoce au sein de l’exposition « L’expérience de la couleur » à la Cité de la céramique de Sèvres. Continuer la lecture

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L’orchestre de chambre de Paris à la mode écossaise

Ne pas confondre l’Orchestre de Chambre de Paris (l’OCP) avec l’Orchestre de Paris (OP). Le second, ayant fêté ses cinquante ans l’an dernier, est une formation symphonique à laquelle est attachée quantité de noms illustres (de Munch à Karajan, de Solti à Barenboim, de Giulini à Abbado ou Bychkov). Mais l’OCP peut, lui aussi, aligner quelques grands noms jalonnant ses quarante ans d’existence, tels Amin Jordan, Maxime Vengerov, Michel Plasson, Yehudi Menuhin, Mstislav Rostropovitch, Renaud Capuçon ou Dame Felicity Lott, la plus française des sopranos anglaises (voir sa passion pour Offenbach). Continuer la lecture

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L’invasion de la bâche folle

Ne l’appelez plus Théâtre du Châtelet mais disons l’enceinte iPhone X. Ce sera linguistiquement plus cohérent avec le spectacle qui s’y joue en ce moment: « Singing in the rain » (1). Bonne mère, bonne fille mais pas bonne poire, la pub sait jouer du manque d’argent des caisses publiques pour envelopper au bénéfice des marques, tous les édifices parisiens ayant besoin d’un coup de propre à moindre frais. Avec des bâches gigantesques à côté desquelles les affiches du métro font figure de timbre poste. Et tout indique que cela va s’amplifier, vu l’origine du mal. Continuer la lecture

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L’ingrédient surprise du dernier Guédiguian

Aller voir un film de Robert Guédiguian, c’est un peu le repas de famille du dimanche. On y retrouve les acteurs habituels plus quelques pièces rapportées selon les libertés prises par le casting. À chaque fois réalisateur s’efforce cependant de réunir ses pairs fidèles autour d’une nouvelle histoire où la générosité humaine tient lieu de carburant. Dans une société moderne qui manque à ce point de bienveillance que le mot est désormais distribué partout, « la villa » ne pouvait que rencontrer un succès prévisible. Continuer la lecture

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Un sympathisant très spécial

Voilà bien un des livres les plus stupéfiants, les plus sidérants, les plus hallucinants, les plus bouleversants, les plus virulents, les plus décapants, les plus désopilants, les plus terrifiants, que l’on ait jamais lu. Premier roman signé Viet Thanh Nguyen, écrit en américain, « Le sympathisant » a obtenu notamment le prix Pulitzer en 2016 (équivalent US de notre Goncourt) et le Prix du meilleur livre étranger en France cette année. Sur la dernière de couverture, on trouve cette définition : Sympathisant n. m.: personne qui approuve les idées et les actions d’un parti sans y adhérer. Mais de quel parti s’agit-il, dans ce livre de fiction historique où tout n’est qu’ambigüité ? Continuer la lecture

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Quand les sauterelles s’en mêlent…

Hip hip hip ! Le Tome 4 des Vieux Fourneaux vient de paraître ! Depuis deux ans qu’il se faisait attendre ! Vous vous souvenez ? Antoine, Pierrot, Mimile… Nos remuants syndicalistes octogénaires si sympathiques… Nos anarchistes à l’énergie peu commune… En 2015, à cette même période, Les Soirées de Paris vous présentaient une chronique du Tome 3 de cette bande dessinée française hors pair, totalement atypique, créée par Wilfrid Lupano et Paul Cauuet en 2014, le premier au scénario et le second au dessin. Continuer la lecture

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Voyage en mer intérieure du Japon : Onomichi, un port enchanteur

La beauté du site, particulièrement photogénique, n’avait pas échappé au cinéaste Ozu qui y a filmé son « Voyage à Tokyo », en 1953. Cinquante ans plus tard, Wim Wenders, venu en pèlerinage dans les pas d’Ozu, était séduit à son tour par le port d’Onomichi sur la mer intérieure du Japon. Il lui consacrait un recueil de photos et poésie : « Journey to Onomichi ».

(Image ci-contre: Onomichi anciens entrepôts réhabilités) Continuer la lecture
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Une famine à peine sortie de l’incognito

Ils s’appellent Aza, Petro, Marfa, Natalia ou encore Pavlo et tous leurs témoignages concordent. En Ukraine, principalement entre 1932 et 1933, la faim a provoqué des actes de cannibalisme. Des enfants ont été mangés, des gens se sont coupé un membre pour l’ingurgiter bouilli et les cadavres trouvés ici et là terminaient en plat de résistance du moins lorsque les chiens errants ne s’en étaient pas chargés auparavant. Quand Staline a voulu se débarrasser des paysans ukrainiens entre 1932 et 1933, soit la majorité de la population du pays, il les a affamés. Cinq millions d’entre eux environ ont été décimés en fonction d’un plan prémédité. Continuer la lecture

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