Un soir de 1913, Guillaume Apollinaire étant assis avec son ami Fernand Fleuret « sous un buisson de fleurs », vit choir une rose dans sa coupe, « pareille à un passereau blessé ». Un voile de mélancolie passa sur le visage du premier qui porta le verre à ses lèvres et saisit doucement la main du second. Apollinaire n’avait alors que trente-trois ans, plus que cinq ans à vivre et il captait parfois de drôles de présages, de frais signaux lui indiquant que le temps pressait. Sur le sommaire du numéro 18 des Soirées de Paris daté de la même année, il y était tracé à la plume par son patron éditorial, le nom de Picasso mais aussi celui de ce Fernand Fleuret (1883-1945), dont on ne peut pas dire qu’il fut un jour connu comme le peintre. Il est l’un de ces compagnons de l’ombre qu’Apollinaire aimait côtoyer. Ce qui fait qu’en 1933, au sein d’un livre de portraits pour le moins éclectique, Fleuret écrivit quelques pages sur son ami, pas un rigoureux fil biographique non, mais des choses qui lui sortaient de la mémoire. Comme cette histoire de rose chue laquelle ne devait plus en finir de choir dans ses pensées tel un balancier perpétuel. Il nous y raconte les bistrots de Paris dans lesquels on pouvait, selon l’expérience de Guillaume, trouver le meilleur cépage aramon, le meilleur vin doux ou le meilleur raki de Constantinople. Continuer la lecture
Archives
Catégories
- Anecdotique
- Apollinaire
- Architecture
- BD
- Cinéma
- Danse
- Découverte
- Documentaire
- Enchères
- Essai
- Exposition
- Gourmandises
- Histoire
- Humeur
- Jardins
- Livres
- Mode
- Musée
- Musique
- Non classé
- Nouvelle
- Peinture
- Philosophie
- Photo
- Poésie
- Politique
- Portrait
- Presse
- Publicité
- Radio
- récit
- Sciences
- Société
- Spectacle
- Style
- Surprises urbaines
- Télévision
- Théâtre








