Comment se retrouve-t-on à 26 ans à Asuncion, capitale du Paraguay, pour mener une enquête sans fin sur les quatre tonnes et demi de ces «archives de la Terreur» découvertes en 1992 par Doctor Martin Amalda ?
Peut-être parce deux jours avant sa naissance, sa mère, qui souhaitait une petite fille, avait rêvé qu’elle allait avoir un petit garçon prénommé Pablo ?
Peut-être parce que lors de ses années à l’université londoniennes de Greenwich, Pablo recueillit un jour les confidences d’une professeure ayant travaillé au cabinet de Kissinger? Peut-être parce que sa professeure évoqua à demi-mot, devant quelques élèves, une certaine réunion de diplomates US déterminant leur stratégie d’appui à la dictature chilienne de Pinochet, et prononça ces mots mystérieux «Opération Condor» ? Continuer la lecture
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Le Mouffetard – Théâtre des arts de la marionnette a lui aussi rouvert ses portes et ceci pour notre plus grand plaisir. Sa saison a donc débuté avec deux spectacles de la Compagnie à. Programmée initialement en mars dernier, celle-ci a heureusement pu être reprogrammée en octobre. Cette compagnie des Pays de la Loire a la particularité de mêler jeu d’acteur et théâtre d’objets et d’inventer constamment de nouvelles formes théâtrales. Le mouvement et le burlesque y jouent, par ailleurs, un rôle prépondérant. Explorant le rapport du minuscule à l’universel, elle s’intéresse tout particulièrement au thème du vivre ensemble et aux rapports entre les peuples. Après “Le chant du bouc” (1) où une comédienne et deux comédiens reconstituaient en miniature une banlieue pavillonnaire coquette et proprette dans laquelle survenait un crime, pour questionner la figure du “bouc émissaire”, “La Conquête” sonde les grands ressorts de la colonisation et explore les stigmates de cette dernière sur notre société actuelle. Avec bien évidemment toute la distance et l’humour que permet le théâtre d’objets.
La scène force l’attention. Cela fait déjà quelque temps que le plongeur et la pieuvre s’observent. Jusqu’au jour où Craig, au beau milieu de son apnée, lui tend la main. Et l’animal déploie alors l’un de ses tentacules qui vient se lover sur la main de Craig. Le contact est pris et dès lors, plus moyen de lâcher ce documentaire animalier paru en septembre sur Netflix. Soit un cinéaste qui raconte comment il a voulu compenser un surmenage professionnel en explorant les eaux côtières de l’Afrique du sud. Et de quelle façon, il a malgré des eaux particulièrement fraîches, plongé durant plus d’un an afin de comprendre, rencontre après rencontre, comment vivait cet octopus vulgaris.
Les écrivains (et les cinéastes) américains savent admirablement romancer l’Histoire avec un grand H. Ainsi Thomas Mullen a-t-il reçu le James Feminore Cooper Prize de la fiction historique dès son premier opus «The Last Town on Earth» en 2007.
Il y a d’abord Lucette qui, en 1956, tomba nez à nez avec Daniel, à la sortie de l’usine. Il avait garé sa Panhard Dyna toute neuve juste en face, au bar-tabac « Le Balto ». Il avait tout de suite subjugué Lucette avec son manteau trois quart cuir marron foncé. Une cigarette pendait à ses lèvres dont il exhalait, à intervalles irréguliers, de savantes bouffées circulaires. Elles se diluaient progressivement dans l’atmosphère. Daniel portait aussi une casquette. Légèrement de travers, baissée sur l’œil gauche, elle lui prêtait un air canaille, donnant l’avantage à un sourire enjôleur. Ainsi adossé à sa bagnole, il affichait le sentiment de tenir les enquiquineurs et contrariétés variées à distance. C’est justement ce genre d’homme que Lucette recherchait. Il l’emmena dans un bal où se jouaient des airs d’accordéon. Sur la piste il la serra fort contre lui. Et jamais plus elle ne quitta ses bras.
Il faudrait faire preuve d’une folle témérité ou d’une belle inconscience pour se risquer à expliquer ce qu’est la ‘pataphysique. Tout juste peut-on avec certitude en attribuer la paternité à Alfred Jarry. L’une des définitions les plus souvent citées : « La ‘pataphysique est à la métaphysique ce que la métaphysique est à la physique « , ne nous avance guère, pas plus que la formule « Science des solutions imaginaires », qui reste floue. C’est peut-être Boris Vian qui nous éclairera le mieux. L’écrivain révéla être venu à la ‘pataphysique, après avoir entendu cette réplique de théâtre (“La Belle aventure“, de Flers et Caillavet) : « Je m’applique volontiers à penser aux choses auxquelles je pense que les autres ne penseront pas ». C’est dire qu’avant tout la ‘pataphysique cherche à explorer des terres que personne d’autre avant elle n’avait fréquentées.
Rien que pour cette guitare exécutée en 1924 depuis Juan-les-Pins, un détour s’impose à la Philharmonie. Une exposition de plus autour de Picasso, serait-on tenté de dire à l’avance, mais ce serait une erreur. Picasso n’était pas mélomane, il n’écoutait guère de musique et ne jouait pas d’instrument. Et pourtant cette exposition donne à voir combien, paradoxalement, au milieu des nombreuses œuvres réunies, la matière musicale a nourri son inspiration. Cette guitare en est la parfaite démonstration. Elle souligne à quel point et en toutes choses, Picasso savait s’évader de la simple représentation. Comme c’est le cas ici où l’artiste n’a conservé de l’instrument qu’une géométrie cosmique. L’objet s’en trouve littéralement divinisé.
Pendant des années, un imposant cube de béton brut somnolait le long du canal de l’Ourcq, près de la mairie de Pantin. Malgré sa taille, on l’avait presque oublié. Quand tout à coup, il s’est réveillé sous le baiser de la muse Terpsichore. Pour propager la bonne nouvelle, elle a déposé sur le toit du bâtiment cinq lettres rouge vif : «danse». C’était en 2004, le CND, centre national de la danse, ouvrait ses portes à Pantin.
La Salle Richelieu étant actuellement en travaux, c’est sur la scène du Théâtre Marigny que se produit, en ce début de saison, la troupe de la Comédie-Française. Elle y présente, dans une adaptation et mise en scène signées Christophe Honoré, “Le côté de Guermantes”, troisième des sept tomes (1) que comprend “A la recherche du temps perdu” de Marcel Proust (1871-1922). Quittant le Palais Royal pour les Champs-Elysées, ne pouvait-elle rêver meilleur emplacement que celui-ci pour donner corps aux personnages de l’œuvre proustienne ? À quelques pas de l’allée Marcel Proust, dans ces jardins où se déroulaient les jeux d’enfants du Narrateur et de Gilberte Swann, le carré Marigny paraît le lieu tout indiqué pour y convoquer les fantômes de la “Recherche”. Avant même le début du spectacle, leur présence semble se déployer autour de nous…
La peinture de Giorgio de Chirico n’est pas facilement accessible et l’exposition en cours au musée de l’Orangerie entretient cette réputation d’artiste versé dans la métaphysique militante. Parmi toutes les œuvres présentées figure incidemment « Le vaticinateur », achevée en 1915. Mais celle-là a été partiellement décodée, sachant au passage que le vaticinateur est quelqu’un qui prophétise. Dans l’album qui a été publié à l’occasion d’une précédente exposition au musée d’Art Moderne en 2009, le professeur Willard Bohn avait rappelé certains éléments passionnants à propos de ce tableau où plane quelque peu l’esprit de Guillaume Apollinaire. C’est ce dernier qui a découvert de Chirico, né le 10 juillet 1888 à Volos en Thessalie, et mort le 20 novembre 1978 à Rome. C’est à Apollinaire (qui lui dédiera un poème) que de Chirico doit d’avoir été mis en contact avec l’acheteur Paul Guillaume.