On ne peut manquer d’être frappé par cet autoportrait de Luca Giordano. Exécutée vers 1688, la toile pourrait laisser croire à une époque bien plus récente. La coiffure maîtrisée, les petites lunettes d’intellectuel, le regard sérieux, on pourrait croire qu’il s’agit d’André Breton. Sauf que le premier est né en 1634 à Naples et le second en 1896 dans l’Orne. Luca Giordano, dont le Petit Palais présente pour la première fois en France une importante rétrospective, aimait décliner ses sujets, y compris lui-même. C’est ainsi que quatre ans plus tard, la star du Seicento qui devait notamment sa célébrité pour savoir faire mieux que les grands maîtres qu’il copiait allègrement, s’était aussi refait le portrait avec le chef couvert de dreadlocks contemporains, comme on en voyait sur la tête de Louis XIV. Continuer la lecture
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Hen (prononcer “Heune”), la créature exubérante et transformiste imaginée par Johanny Bert, fait actuellement son show au Mouffetard – Théâtre des arts de la marionnette. Inspirée des cabarets berlinois des années 30 et de la scène performative queer actuelle, cette marionnette altersexuelle se joue avec insolence des images féminines et masculines. Dans un style pop qui lui sied comme un gant, Hen danse et chante sa liberté d’être et d’aimer. Un cabaret déjanté et virtuose !
Le 26 novembre dernier, à Fontainebleau, s’est éteint Yves Delange, grand naturaliste et botaniste français. Il fut l’un des plus ardents défenseurs du Jardin botanique des Serres d’Auteuil. Pendant les quelque huit années que dura notre combat contre la fédération de tennis et les gouvernements successifs rameutés non stop par Delanoë puis Hidalgo, il a toujours réagi au quart de tour pour solliciter ses contacts ou rédiger à l’instant un texte savant mais très concret. En homme aussi savant que modeste, disponible et chaleureux. Autant dire en homme d’un autre temps.
Que peut-on encore ajouter à la bibliographie déjà volumineuse consacrée à Simone Veil ? Tous les titres déjà parus disent déjà l’exceptionnel : « Un destin », « La naissance d’une légende », « Une jeunesse au temps de la shoah », « Mes combats »…
Avec la commémoration des 75 ans de la libération du camp d’Auschwitz-Birkenau le 27 janvier 1945, cette photo revient encore à la surface, croiser dans nos consciences, comme pour nous intimer de ne rien oublier. Elle s’appelait Czesława Kwoka, elle avait 14 ans. Quelqu’un l’a tuée, peu après la prise de vue, d’une injection dans le cœur. La marque que l’on discerne sur sa lèvre indique qu’elle a été battue juste avant, par une surveillante. Un reporter de la BBC est allé un jour à la rencontre du photographe Wilhelm Brasse. Son article (1) a été publié en 2007. Wilhem Brasse, jeune Polonais né en 1917, était lui aussi un déporté. Car il avait par deux fois, refusé de prêter allégeance au régime nazi. Ses qualités de photographe lui avaient valu ce poste de même qu’un régime de déportation moins rude. En 2012, il se souvenait avoir pris entre 40 et 50.000 photos de déportés, l’une de face et deux latérales. Une fois libéré, il n’a plus jamais pris de photos.
Quarante-quatre changements de décors, vingt-trois rôles interprétés par huit comédiens, il fallait bien cela pour rendre toute la magnificence de la pièce de Tony Kushner ! Un pari fou et réussi. Sur la scène de la Salle Richelieu, un ange descend des cintres dans des volutes de fumée, des individus traversent un frigidaire, un lit d’hôpital apparaît et disparaît à volonté, tout comme le fantôme d’Ethel Rosenberg… Le merveilleux est au rendez-vous dans la Maison de Molière avec “Angels in America”, la “pièce-monde” de Tony Kushner – selon la si jolie expression de son metteur en scène Arnaud Desplechin – qui fait là son entrée au Répertoire de la Comédie-Française. En ces terribles années Reagan où les amours homo et bisexuelles se virent soudain menacées par le sida, même les anges semblent impuissants à aider les hommes…
Comme il habite près de la Seine, Benoît Duteurtre a tenté l’expérience. Il est allé se promener sur les quais hauts où la pollution sonore et atmosphérique a augmenté depuis la fermeture des voies sur berges. Craignant d’être l’objet des idées reçues, il est descendu sur les quais bas, libérés des voitures. Piéton dans l’âme, Parisien sans voiture, il a n’a pu que constater la nouvelle autoroute urbaine constituée d’engins en tout genre qui filent le long du fleuve, pilotés par des néo-urbains jouant à éviter au dernier moment le promeneur adepte des flâneries mains dans les poches. Jamais cette cité n’a fait autant de bruit, jamais elle n’a déployé autant de chantiers gênants en même temps. Et il « faudra sans doute, prédit l’auteur, après son éventuelle réélection (de la maire ndlr), et dans l’attente des jeux olympiques, subir autant de nouveaux chantiers bienveillants pour aller toujours plus loin (…) dans la perspective d’un avenir radieux ». La ville qui, sous l’équipe actuelle, se piquait de « bien-être urbain » est devenue un espace hostile que Benoît Duteurtre s’applique, dans « Les dents de la maire », à décrire avec un humour qui allège l’ensemble.
Les gandins ont eu une très courte carrière. On appelait ainsi les élégants qui déambulaient de 1815 à 1828 sur le boulevard de Gand qui allait devenir, à Paris, le boulevard des Italiens. « Ah il veut faire le gandin à son âge » écrivit un jour Feydeau. Tout ça pour dire qu’une recherche de mot classique dans une encyclopédie conduit l’utilisateur à tomber sur des termes inattendus. En l’occurrence en cherchant « gramme » qui a servi de suffixe à nombre de mots comme organigramme, calligramme ou encore dactylogramme. Ce faisant on s’approche du sujet de fin de semaine. En créant son premier calligramme, Apollinaire aurait pu dans la foulée créer dactylogramme mais il était déjà pris pour signifier « empreinte digitale ». Ce n’était pas forcément pertinent. D’ailleurs le temps a fait son tri.
… et c’est avec cet argument, si évident qu’il en est presque idiot, que le patron de Fox News lorsqu’il recrutait des femmes à des postes de journalistes, leur demandait de montrer leurs jambes. Actionnant les leviers de l’ambition et de la sécurité de l’emploi, il poussait par la suite son avantage. S’il rencontrait de la résistance, celle-là se voyait rétrogradée à une heure d’audience moins favorable. C’est ce qui est notamment arrivé à Gretchen Carlson dans la vraie vie. Dans « Scandale », elle est interprétée par Nicole Kidman. Le titre aurait pu être meilleur mais la traduction de « Bombshell », littérale ou non, n’était pas évidente. Au moins dénomme-t-il le silence choquant qui prévalait dans les sociétés où l’organigramme était, tout en haut de la hiérarchie, masculin. Le fait d’utiliser l’imparfait pour le dire est malheureusement un vœu pieux.
À 80 km de Shanghai, la petite ville touristique de Tongli abrite le premier musée de la sexualité jamais ouvert en Chine. Ce petit bijou, fondé par un professeur de sociologie en 2000, n’attire pas les prudes Chinois venus nombreux visiter Tongli. Il est pourtant une excellente introduction à l’histoire de la sexualité de l’Empire du milieu et présente une collection insolite de sextoys historiques.