Couleurs Corée

Les couleurs font partie de notre environnement de tous les jours et leur symbolique nous semble aller de soi. Et pourtant, pourtant, cette symbolique varie en fonction de la culture et de la vision du monde de chaque pays. Ainsi en Corée le système traditionnel de couleurs correspond à la croyance coréenne que le monde prend sa source et ses origines dans le jeu subtil et complémentaire du Yin et du Yang. Elles sont également associées aux 5 directions : centre, nord, sud, est et Ouest. Ainsi le noir, couleur du Nord et de l’hiver, symbole de l’eau est perçu comme moyen d’éliminer les impuretés et par extension contrôle la sagesse des hommes. C’est le noir « brûlé au feu », le noir de fumée à partir duquel est fabriquée l’encre de Chine. C’est aussi la couleur de l’obscurité et de la mort et donc de la peur. Continuer la lecture

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Une mécanique qui baigne dans l’huile

Sa femme se nommait Winona et elle « appartenait à la catégorie de celles qui vivent avec la conscience, à chaque seconde, de ce que la vie est beaucoup trop courte et précieuse pour accepter de la ralentir dans les files d’attente des problèmes subalternes ». C’est ainsi que Paul Hansen, héros du dernier livre de Jean-Paul Dubois, résume avec pertinence celle qui devait entrer dans sa vie. « Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon » a obtenu le Prix Goncourt. C’est un livre qui se lit facilement, cependant qu’il n’est point nécessaire de se munir d’oxygène: l’ouvrage croise, comme ce monomoteur que pilote justement Winona, à une altitude raisonnable. Continuer la lecture

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Chine, Sex and Fun. Episode 1/2

Hasard des découvertes, il suffit souvent de faire quelques pas hors de l’agitation des circuits touristiques balisés pour découvrir une perle rare. Cela a été le cas à Tongli, une ville de 35 000 habitants à 80 kilomètres de Shanghai. Tongli abrite un musée insolite qu’on n’aurait pas imaginé trouver dans une petite ville provinciale du Jiangsu.
En quête de modernité depuis plusieurs décennies, les Chinois redécouvrent concomitamment leur patrimoine historique. Autour de Shanghai, les villes historiques bâties sur les canaux connaissent une nouvelle jeunesse et attirent les foules. À Tongli, on chavire le week-end dans les rues fourmillant de touristes chinois. Venus nombreux se réapproprier leur passé, ils n’hésitent pas à parader en costume d’époque loués – selfies obligent – le long des canaux de cette petite Venise chinoise. Continuer la lecture

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Ce doit être du cinéma

Après la mort on ne sait pas bien. Ces projections de paradis, de purgatoire ou d’enfer, c’est probablement des histoires. Au cinéma en revanche, il y a les trois, mais c’est rarement le sujet. Avec « It must be heaven », Elia Suleiman nous donne justement une possibilité de paradis. Il en est le réalisateur et aussi l’acteur. Et de surcroît, il interprète un personnage qui quitte sa Palestine pour proposer un scénario, d’abord à Paris puis à New York. Comme Jésus, il est natif de Nazareth mais un peu plus tard, en 1960. L’itinérance qu’il raconte est un prétexte pour juxtaposer des séquences étranges, belles, parfois humoristiques, qui n’existent pas dans la vraie vie du moins avec la continuité qu’il nous livre sur une heure et quarante deux minutes. Continuer la lecture

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Lorsque les objets prennent la parole…

Et si, tout comme les humains, les objets avaient la capacité de penser, sentir, éprouver des sentiments, rêver d’une autre vie… ? Si eux aussi connaissaient le doute, la peur, le regret, et, pourquoi pas, des envies de révolte ? Et si soudain ils prenaient la parole pour nous raconter tout cela ? “Nous les objets, quelques-uns, ce soir, on va sortir de notre silence. On a des choses à vous dire” décrète d’emblée un pèle-pommes dans “La Conférence des objets”, la pièce de Christine Montalbetti actuellement à l’affiche du Studio-Théâtre de la Comédie-Française. Une fantaisie des plus plaisantes qui ravive notre rapport aux objets, nous renvoie à notre expérience tactile du monde car, avouons-le, pourrions-nous réellement nous passer de ces compagnons quotidiens ? Continuer la lecture

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En pleine guerre, Apollinaire mise sur Don Quichotte

« Maintenant que je suis soldat, vous m’interrogez sur l’illustre mutilé de Lepante. Aucune question ne pouvait me surprendre plus agréablement ». Il a de quoi être surpris, Apollinaire, en ce mois de juin 1915. Voilà près de dix mois qu’il porte l’uniforme. Cette fois il est au Front, en Champagne. La guerre, qui n’est pas forcément jolie, fait rage. Il se raccroche à la vie grâce à son activité débordante et sa correspondance amoureuse avec Lou, restée à Paris, et avec Madeleine, qui vit en Algérie. Il compte publier très prochainement, avec les moyens du bord et la complicité de deux de ses soldats, les premiers exemplaires de sa nouvelle revue, “Case d’Armons“. Continuer la lecture

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Cinéma planétaire pour vieux gangsters

L’expérience valait d’être tentée. Le dernier film de Martin Scorcese n’est pas sorti en salles mais sur Netflix. L’entreprise américaine a misé 160 millions de dollars sur « The Irishman », susceptible d’être visionné par quelque 150 millions d’abonnés au réseau mondial. « Meet the Future », comme disait ironiquement Paul Newman dans « Butch Cassidy et le kid » à propos du vélo et de ses promesses. Nous sommes bien loin ce faisant de la petite salle de cinoche du coin de la rue et même des multiplexes. Même le film est hors normes de par sa longueur, pas moins 3 heures et 26 minutes. Mais là où nombre d’auteurs auraient calé sur une telle distance, Scorcese s’en sort avec les honneurs. Continuer la lecture

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Salon musical à Antony

Dimanche dernier, le premier décembre, Françoise Caillet tenait son salon musical annuel dans son appartement situé dans le centre d’Antony, à deux pas de l’Espace Vasarely.
Ancienne psychanalyste, Françoise est aussi administratrice de « Coline en ré », cette belle association dont le sous-titre est « La musique sauve les enfants », fondée en 2003 par le médecin Jean-François Galliot. L’idée étant de produire des concerts donnés gratuitement par des artistes, jeunes ou de haut niveau, dont les recettes volontaires venant des spectateurs iront au profit d’enfants en danger.
Jean-François a donné à l’association le nom de « Coline » en souvenir de sa femme disparue à l’époque, puis « Les Virtuoses du cœur » ont suivi, afin de trouver des fonds permettant d’opérer du cœur des enfants déshérités dans le monde entier. Continuer la lecture

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Gentleman ou butor, il faut choisir

Le langage diplomatique, avez-vous sûrement noté, marque le pas. Qu’elle vienne du Brésil, d’Amérique, de Hongrie, d’Italie et très récemment de Turquie, l’invective ad hominem entre chefs d’État a remplacé les belles manières. Celles qui faisaient justement l’intitulé d’un livre trouvé sur un étal de plein air. Le fait qu’il soit vendu seulement six euros en dit long sur la désuétude alarmante du savoir-vivre. Celui-là a été écrit par un Belge. Léon de Paeuw (1873-1941) explique comment il convient de se comporter lors des situations courantes de l’existence. Comment ne pas manquer d’égards à l’adresse d’un roi, d’un pair ou d’une personne de moindre rang. Continuer la lecture

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La dame -en rose- de chez Maxim’s

Le lundi soir chez Maxim’s rue Royale, jour de fermeture du restaurant, on range les chaises et les tables et la petite scène du théâtre s’anime. Place à la petite troupe réunie autour de Gérard Chambre qui nous conte à sa façon l’histoire de Jackie Kennedy. Et pourquoi pas à la façon d’une comédie musicale comme pour conjurer le mauvais sort qui semble avoir fait d’une vie si romanesque une tragédie ? Ponctuant le monologue de celle qui se raconte à la première personne avec nostalgie et aussi une certaine classe, des petites saynètes chantées et dansées viennent égayer le récit. Continuer la lecture

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