C’est le genre de plaquette que les bouquinistes oublient au fond de leur malle. Un petit ouvrage sans doute publié à compte d’auteur, auteur le plus souvent inconnu au bataillon, et qui, un jour ou l’autre, pour des raisons que le libraire lui-même ignore, refait surface. Quelque peu empoussiéré, il est posé dans les bacs à la vue de tous. Comme s’il s’agissait d’une vengeance tardive, d’une reconnaissance posthume pour l’auteur qui rêvait peut être de destinée littéraire. Continuer la lecture
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Lui s’est infiltré dans un abattoir, moins pour décrire la maltraitance animale, que pour rapporter les traumatismes subis par les ouvriers à la chaîne. Geoffrey Le Guilcher, carnivore comme beaucoup, a pris son courage par le manche du hachoir et s’est fait recruter en intérim dans une de ces boucheries industrielles qui font l’économie de la Bretagne, là où on abat dit-il, 600 bœufs et 8500 porcs par jour. Plutôt que d’en faire un article, il a rédigé non sans courage un livre-enquête, sorti récemment aux Éditions de la Goutte d’Or et assez justement intitulé « Steak Machine ».
Albrecht Dürer n’a jamais vu le moindre rhinocéros vivant et pourtant il en a fait le héros d’une étrange gravure devenue célèbre : il transforme les plis de la peau de la bête en armure et dissimule les pattes sous une carapace d’écailles géantes. Ce rhinocéros qui date de 1515 était une première artistique et animalière, dépourvue d’authenticité scientifique. Il fut abondamment copié et il a fasciné et fascine encore de nombreux artistes.
C’est l’une des scènes les plus étonnantes du film. L’équipe de sauvetage envoie un drone de repérage dans le tunnel. Et il est suivi trente secondes plus tard par une escadrille de drones supplétifs, expédiés par les médias venus en masse pour capturer des images de la catastrophe. Quelque part en Corée, un tunnel s’est effondré avec croit-on savoir, un seul survivant en plein milieu. Le réalisateur Kim Seong-hun a pris le parti d’éviter les codes et les poncifs du film-catastrophe et c’est ce qui fait que l’on tient jusqu’au bout avec très peu d’oxygène et très peu d’eau.
Sa mémoire le tourmente. Sa faculté d’élocution se fragmente. Quand il veut s’exprimer sur les présidentielles, il a du mal à mettre les syllabes d’un candidat dans le bon ordre. Il trébuche sans cesse dessus, parfois il hybride le nom de deux candidats en un seul. Alors il lit Cesare Pavese à voix haute et tout redevient clair. Juste avant de se suicider, en 1950, le poète italien a écrit un dernier texte qui disait « La mort viendra et elle aura tes yeux ».
Le psy lui explique qu’après l’attentat, son cerveau a opéré une dissociation afin de se protéger. Elle lui dit qu’elle a l’impression « d’être spectatrice » de son « implosion » et le psy lui confirme que c’est « exactement ça », une dissociation. Il lui indique pour conclure qu’elle pourra en faire une BD quand sera venu le temps de la « ré-association« . Car Catherine Meurisse est auteur de bande dessinée. Rescapée de la tuerie de Charlie Hebdo.
Si vous fréquentez régulièrement les rayons musique de la Fnac (dans mon cas à la recherche du dernier CD du « tenorissimo » Jonas Kaufmann ou de quelque DVD d’une nouvelle « stupenda »), vous n’avez pas manqué de noter ce phénomène : au fur et à mesure où les rayons CD et DVD diminuaient, ceux des vinyles ne cessaient de s’étendre de tous côtés. Mais quelle surprise lorsqu’il y a quelques semaines, dans « ma » Fnac de Boulogne, je suis tombée nez à nez avec Jonas en personne : fine moustache et barbe bien taillés, cheveu bouclé, chemise blanche déboutonnée, veste noire, il me regardait droit dans les yeux, toujours aussi sûr de son talent et de son charme.
Quoi de plus naturel qu’une fenêtre-hublot pour illustrer un livre sur l’art déco. Cette ouverture est le signe qui ne trompe pas pour qui cherche sur les façades parisiennes cet art majeur apparu entre les deux guerres. Celle-là est un détail d’un immeuble situé 3 rue de la Cité Universitaire. Deux auteurs viennent de consacrer tout un livre aux nombreuses pépites art-déco qui foisonnent dans les rue de Paris. Emmanuel Bréon et Hubert Cavaniol pour les textes, Laurent Thion pour les photos, « Paris Art Déco » est une somme généreuse de tout ce que la capitale a su conserver dans ce domaine si séduisant.
Les règles de la géométrie ne laissent aucun doute, aucune marge de négociation : deux lignes parallèles ne se rencontrent jamais. Alors il doit y avoir une certaine ivresse pour un écrivain à transgresser cette vérité. A fortiori quand il s’agit d’un roman reposant largement sur la puissance et les ambitions contradictoires de la création littéraire et artistique. Ne pas s’y méprendre : sans rien céder à la tentation démonstrative, le second livre de Jessie Burton, « Les filles au lion », est un roman envoûtant qui se déguste page à page (près de 500 tout de même !).
Avec la conscience professionnelle d’un photo-reporter, l’auteur de la tapisserie géante a ajouté une légende. Le texte indique qu’il s’agit du mariage de Louis XIV avec Marie-Thérèse d’Autriche. La cérémonie se déroulait à Saint-Jean de Luz le 9 juin 1660 mais ce qui compte en l’occurrence c’est le fauteuil à droite au premier plan. Parce que c’est lui le sujet de l’exposition qui vient de débuter à la Galerie des Gobelins avec le concours du Mobilier National. Une longue histoire de préséance et de séants.