La scène se passe dans une brasserie fort connue des alentours de l’hôtel Drouot. Le serveur apporte un suprême de volaille accompagné d’un gratin de macaronis. La proportion doit correspondre à une recommandation de repas pour mannequin exigeant. La volaille est recouverte d’un vague glacis qui vaut accommodement. Il n’y a pas de sauce. Il n’y a plus de sauce. Année après année, les sauces ont disparu des tables. Un fait de société qui en dit long. Continuer la lecture
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Il y avait à Berlin un très vieux tigre blanc. Si vieux qu’il a fallu l’abattre. Selon Joseph Roth, « ses pattes tremblaient, ses yeux étaient gonflés. Sa fourrure pendait sur son ossature comme le manteau de quelqu’un d’autre qu’on lui aurait donné ». Ainsi écrivait -si bien- le journaliste autrichien dans le journal Der Drache en mai 1924. Un livre, sobrement titré « Joseph Roth journaliste » rassemble une passionnante édition de textes de celui qui fut surtout retenu comme écrivain pour la postérité.
Quelle idée judicieuse a eue Marie-Dominique Lelièvre de s’intéresser à Claude Perdriel au point d’en écrire la biographie. En lisant son texte on comprend mieux comment cet homme qu’elle sort de l’ombre manquera à l’industrie et beaucoup à la presse. Il a quatre-vingt-dix ans aujourd’hui, vit avec une femme beaucoup plus jeune et il n’aime rien tant, nous raconte l’auteur, que de nager longuement au côté de sa compagne dans les eaux proches de Singapour où ils ont déjà convolé.
Jim Harrison s’en est donc allé… Une triste nouvelle qui vint obscurcir l’orée d’un printemps 2016. On ne verra donc plus cette silhouette massive claudiquer dans les rues de Paris, en quête de beau, de bon, armé d’une canne tenant plus du gourdin. Il aimait la France et elle le lui rendait bien. Même si ces dernières années sa production n’avait plus la puissance littéraire d’un « Dalva » qui l’avait sacré de ce côté de l’Atlantique monument de la littérature américaine. Chacun de ses passages promotionnels dans la capitale étanchait chez lui sa fringale de vins et de bouffes et achevait au fil d’interviews dont il n’était pas avare de nous régaler de cet esprit libre, drôle et lucide faisant souffler l’air toujours frais du Michigan sur Saint Germain des Prés.
Avec le soleil qui s’attarde, il est possible de s’émouvoir par transparence de la faune et de la flore qui garnit l’envers de la Seine, comme ci-contre à Paris, à la hauteur du parc André Citroën. L’herbe subaquatique y est bien verte et les petits poissons s’ébattent entre stationnement méditatif et brusques accélérations. Ce qui n’était plus possible à voir dans les années soixante-dix à cause de la pollution, est revenu. C’est ce que nous explique une remarquable quoique modeste exposition au Pavillon de l’Eau.
Le Tribunal Administratif avait jugé l’autorisation de permis de construire douteuse et l’avait donc suspendue, mais le Conseil d’Etat, saisi en cassation, l’a sèchement recadré. Au terme d’une décision d’annulation publiée par la plus haute juridiction administrative du pays, le Stade Roland Garros devrait pouvoir, sauf coup de théâtre ultérieur, s’étendre sur un bon tiers du Jardin des Serres d’Auteuil, son bien fragile voisin. Le défrichage et l’abattage d’arbres ont d’ailleurs commencé sur la zone concernée.
Rappelez-vous, ils étaient tout un groupe de séminaristes de la région d’Angers, embarqués de force par le STO, Service du travail obligatoire, avec pour tout bagage, un bleu de travail, une paire de galoches et la bénédiction de l’évêque d’Angers. Ils arriveront à Francfort, en juillet 1943.
Drôle d’endroit pour construire une ville ! Guanajuato (Mexique) se tient à cheval sur une série de monticules abrupts. Rouge, vert, orange, jaune, bleu, ses pentes sont couvertes d’une mosaïque d’habitations-cubes à la carnation éclatante. On dirait des maisons Lego, grandeur nature. Depuis les hauteurs, elles dégringolent inopinément les collines jusqu’au pied de la cathédrale baroque et de l’université (ci-contre) qui dominent le vieux centre.
Véritable manifeste Art déco la villa Empain, est dorénavant dédiée à l’art. Juste retour des choses. Propriété depuis 2006 de la Fondation Boghossian, et restaurée avec soin, elle abrite depuis 2010 le Cercle d’art et de dialogue entre les cultures d’orient et d’occident, qui organise de superbes expositions ouvertes au public. C’est donc devenu pour les amateurs d’art comme d’architecture, un passage obligé. Cette année l’expo s’intitule « Decor ».
Dans les toutes premières images de « A bout de souffle », Jean-Paul Belmondo guette le signe d’une jeune femme qui repère pour lui sur le port de Marseille, une voiture bonne à voler. Son chapeau est baissé sur les yeux. Il a une bouffarde allumée qui pend de ses lèvres épaisses. Son visage exprime la morgue dédaigneuse de Michel Poiccard, le voyou qu’il interprète. Dans ses mains il tient un journal déplié. Ce n’est ni France Soir, ni le New York Herald Tribune. Durant quelques secondes on en discerne le titre.