Impensable il n’y a pas si longtemps, le Festival d’Automne démarre en grande pompe cette année à La Courneuve. Oui, oui, la ville que Sarkozy voulait nettoyer au karcher en 2005… Cette commune de Seine Saint-Denis longtemps synonyme de HLM explosifs (les 4000) méritait de toutes façons mieux que cette image réductrice. Si Jean-Luc Godard le premier s’y était intéressé, dès 1966 il en avait fait le décor de « Deux ou trois choses que je sais d’elle », la ville, située en deuxième couronne, ne figurait pas au top des itinéraires culturels (Fête de l’Huma mise à part). Par ailleurs, les amateurs de patrimoine industriel connaissaient ses superbes friches, dont certaines implantées en plein centre ville, à côté de la mairie. Continuer la lecture
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Dans son introduction au catalogue de l’exposition « Chez la baronne d’Oettingen » Sylvie Buisson raconte que Picasso avait signifié à cette femme belle, fantasque et distinguée, son intention d’en savoir davantage sur les mystères de l’écriture russe. Hélène d’Oettingen avait accepté de lui dispenser cet enseignement « et sans doute d’autres choses », mentionne malicieusement Sylvie Buisson. Cette époque de liberté faisait qu’il était possible d’emprunter l’amant ou la femme de quelqu’un et de les rendre sans plus de façons à son attributaire, par politesse ou lassitude. L’exposition en cours qui se tient tout à la fois à la galerie Alain le Gaillard et à celle du Minotaure, se limite néanmoins à présenter les œuvres de la baronne, celles de Serge Férat et aussi de Léopold Survage tous les trois d’origine russe, attachés par le même destin.
« Frantz », c’est avant tout un Ozon : son style, sa patte, tout y est présent du premier plan au générique de fin. L’on aime alors s’y plonger ou bien l’on s’y refuse. Mais l’on ne peut passer à côté de la réalisation prenant racine dans l’esthétisme authentique de la photographie. Ses mises en scènes minimalistes et ses univers épurés captent à eux seuls le regard, comme une invite à suivre le chemin offert par le réalisateur. D’un pacte tacite, son maniement du beau semble être sa plus grande arme pour ne laisser le spectateur à la dérive de son imaginaire.
Magnifique rentrée musicale parisienne, au cours du premier week-end de septembre, lors du festival Solistes à Bagatelle. Le temps avait viré au gris et les somptueux arbres du parc étaient quelque peu chahutés par le vent, mais cela n’avait pas découragé les fidèles venus écouter un pianiste rare, Philippe Bianconi, pianiste rare par le talent et par la présence.
J’y suis retourné un peu par hasard, une histoire d’une maison qu’enfin un type voulait acheter pour une bouchée de pain, aussi ma sœur avait-elle pris rendez-vous avec lui. Quant à moi j’étais venu pour le solde de tout compte d’une histoire que la famille rendait au peuple fantôme avant de disparaître à son tour. Le plus tard possible, s’entend. Je me laissais ainsi porter dans les rues de Thouars, dans le nord des Deux-Sèvres, non loin de Saumur.
Les friches industrielles transformées en lieu artistique sont devenues tendance. Et c’est tant mieux ! Vouloir sauvegarder un patrimoine industriel voué à disparaître est tout à honneur de ceux qui s’en préoccupent. Autre tendance du siècle, le fait que les collectionneurs ne se contentent plus d’accumuler des œuvres. Ils souhaitent en jouir en les exposant dans un cadre insolite valorisant.
En salles ou à haute dose sur France Info il était impossible ces derniers temps d’échapper à la bande-annonce de « Divines », le film de Uda Benyamina primé Caméra d’or à la Quinzaine des réalisateurs. La promo est singulièrement trompeuse en laissant croire à un festival de trouvailles drolatiques issues des langages des quartiers. Le festival est bien là mais il s’agit d’un vrai film dramatique. Le titre est également spécieux. On voit bien la motivation tendant à qualifier les deux actrices principales (Oulaya Amamra, Déborah Lukumuena), mais là aussi l’épithète est un peu décalé.
La femme ne semble pas comprendre que son sauvetage est proche. Son bras reste accroché au cadavre de l’homme dont elle dira plus tard qu’il s’agit de son frère. Elle finira pourtant par être hissée à bord. Certains sont nus ou presque nus et le regard de leurs sauveteurs les blesse. Celui-là saisit le tee-shirt rose qu’on lui tend et s’en fait un short à la hâte. La scène se passe au large de Lampedusa cette île à l’extrême sud de l’Italie, plus proche de l’Afrique que de la péninsule. « L’Opticien de Lampedusa » est une « parabole » racontée par la journaliste Emma-Jane Kirby. C’est aussi un récit qui vient de paraître aux Editions Equateurs.
Tous les regards sont actuellement tournés vers l’Amérique. Le résultat des élections présidentielles, le 8 novembre, déterminera de son avenir et, indirectement, de celui de la planète, dans les prochaines années. Espérons que cet avenir soit clément.
Les deux lumières rouges semblent baliser un itinéraire aux destinations incertaines. La nuit est tombée sur le vieux ghetto de Venise. Lorsqu’il a été décidé de confiner les juifs de la Sérénissime au mois de mars 1516 dans un lieu clos, qu’il leur a été fait interdiction de sortir après vingt heures, qu’il leur a été précisé entre autres brimades qu’ils ne devaient pas espérer de relations amoureuses avec ceux de l’extérieur, ce fut le commencement de toute une histoire qui perdure jusqu’à aujourd’hui. Avec l’automne qui arrive, accompagné de ses températures clémentes, le moment est propice pour découvrir ce concentré de vie vénitienne et son creuset d’une religion plus de deux fois millénaire.