Dimanche. Il est content; la tête au repos. Ca ne lui était pas arrivé depuis longtemps, une telle aubaine. De plaisir il remue les orteils dans ses chaussettes poisseuses et s’étire comme un chat. Il a bien installé ses cartons, ceux qu’il a eu l’idée d’apporter, pour le confort. Ça fait plusieurs nuits qu’il crèche là, tranquille, peinard, à l’abri de la pluie, du froid et puis des autres, des comme lui, pas plus méchants, pas plus violents mais des fois, ça dérape, pour un bout de carton, une cigarette, une bière, un coin de porte et alors… Alors tout peut arriver, les vilains bobos et même pire. «La rue; c’est pas Byzance». Ça, c’est un vieux de la vieille qui lui a souvent répété. Il ne sait pas qui c’est Byzance mais bon, c’est pas la rue.. Et là, depuis quelques nuits, c’est plus la rue et ça c’est Byzance. Continuer la lecture
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Lorsqu’au mitan des années cinquante Yves Klein (1928-1962) se lance dans la production de peintures monochromes dont son célèbre bleu, anticipait-il sans le savoir l’aplatissement de la pensée qui gagne chaque jour du terrain? L’histoire de la peinture tendrait à démontrer en effet que la subtilité des tons qui trouva son apothéose dans le genre impressionniste aurait tendance à disparaître jusque dans les modes de pensées les plus récents. Pour le tenant d’un dogme quelconque, politique, écologique, religieux, culturel, rien n’est plus agaçant que celui qui relativise, celui qui voit des dégradés partout, des paliers polychromes. Aussi beau soit-il, le bleu panique de Yves Klein, déposé le 19 mai 1960 à l’Institut national de la propriété industrielle (INPI) a quelque chose d’objectivement totalitaire, préfigurant peut-être une redoutable uchronie sociétale si l’on veut bien excuser l’expression.
C’est un de ces coins industriels en perdition que viennent plus ou moins sauver des espaces d’arts, dont la dernière extension du Fonds régional d’art contemporain d’Île-de-France. Le Frac disposait déjà d’un espace à Rentilly (77) et d’un autre dans le 19e arrondissement de Paris. La nouvelle structure, située à Romainville (93) et toujours financée sur fonds publics, trouvera là de quoi stocker ses collections et exposer à l’occasion. Elle sera inaugurée fin novembre concomitamment au lancement d’une nouvelle exposition déployée sur les trois sites dont une « interdite aux plus de 18 ans ». Le tout sans contrepartie affichée d’amélioration des programmes et c’est bien là qu’il y a un « mais ».
Pour qui connaît un peu l’histoire américaine, «Les Sept de Chicago» («The trial of the Chicago 7»), titre français du nouveau film de Aaron Sorkin tout juste sorti sur Netflix, renvoie irrésistiblement aux fameux «Dix de Hollywood» («The Hollywood Ten»), envoyés en prison par le sénateur McCarthy dans les années 40. Autrement dit, aux scénaristes, cinéastes et producteurs accusés de sympathie communiste répondait, vingt ans plus tard, le procès des plus célèbres activistes de gauche anti-guerre du Vietnam. Autrement dit l’inépuisable guerre froide intérieure US était (et est) toujours à l’œuvre… Lors de l’actuelle campagne électorale, les Républicains n’accusent-ils pas les Démocrates de ne pas être de «bons Américains» ?
Avec Liza Minelli chantant « money, money, money » dans le film Cabaret (1972) ou encore le groupe Pink Floyd qui conçut un génial album sur ce thème un an plus tard, la Cité de l’économie aurait pu intégrer ce type de fond musical afin d’illustrer sa dernière exposition sur l’inusable héros de bande dessinée Largo Winch et le trentième anniversaire de la saga portant son nom. Le premier tome date en effet de 1990. Il racontait l’histoire d’un beau jeune homme héritant à 26 ans d’un empire financier, occasionnant mille prétextes à mille péripéties. À ce jour on compte 22 albums traduits en vingt langues totalisant 11 millions d’exemplaires vendus. Pour la Cité de l’économie, l’idée est de s’appuyer sur la popularité de ce personnage afin de faire découvrir au grand public, ce qui fait pousser l’oseille.
Le 24 juillet 1967, le général de Gaulle, premier président de la cinquième république, poursuit une visite triomphale au Québec. À Montréal, devant la foule qui l’acclame, il s’écrie depuis le balcon de l’hôtel de Ville : « Vive le Québec libre ! ».
Il avait beau avoir des peintres dans sa famille, parmi ses amis et plus largement dans ses fréquentations, il avait beau multiplier les visites au musée Fabre de Montpellier dans sa jeunesse, le poète Paul Valéry (1871-1945) n’a jamais vraiment sauté le pas. Ce dessin à l’encre de Chine et aquarelle sur papier, sans titre, démontre en tout cas que la tentation a existé. Il s’y risquait avec précaution tout en estimant avec prudence que « peindre » ne signifiait pas « être peintre ». C’est l’un des grands intérêts de l’exposition en cours au musée Paul Valéry de Sète (Hérault) que de lever le voile, à la toute fin du parcours, sur cette activité confidentielle qu’il pratiquait depuis l’enfance. Pour les cinquante ans de son existence, le musée offre à voir quatre-vingt-dix œuvres de différents artistes afin de proposer une vue originale sur les relations étroites entre Paul Valéry et le monde l’art.
Comment se retrouve-t-on à 26 ans à Asuncion, capitale du Paraguay, pour mener une enquête sans fin sur les quatre tonnes et demi de ces «archives de la Terreur» découvertes en 1992 par Doctor Martin Amalda ?
Le Mouffetard – Théâtre des arts de la marionnette a lui aussi rouvert ses portes et ceci pour notre plus grand plaisir. Sa saison a donc débuté avec deux spectacles de la Compagnie à. Programmée initialement en mars dernier, celle-ci a heureusement pu être reprogrammée en octobre. Cette compagnie des Pays de la Loire a la particularité de mêler jeu d’acteur et théâtre d’objets et d’inventer constamment de nouvelles formes théâtrales. Le mouvement et le burlesque y jouent, par ailleurs, un rôle prépondérant. Explorant le rapport du minuscule à l’universel, elle s’intéresse tout particulièrement au thème du vivre ensemble et aux rapports entre les peuples. Après “Le chant du bouc” (1) où une comédienne et deux comédiens reconstituaient en miniature une banlieue pavillonnaire coquette et proprette dans laquelle survenait un crime, pour questionner la figure du “bouc émissaire”, “La Conquête” sonde les grands ressorts de la colonisation et explore les stigmates de cette dernière sur notre société actuelle. Avec bien évidemment toute la distance et l’humour que permet le théâtre d’objets.
La scène force l’attention. Cela fait déjà quelque temps que le plongeur et la pieuvre s’observent. Jusqu’au jour où Craig, au beau milieu de son apnée, lui tend la main. Et l’animal déploie alors l’un de ses tentacules qui vient se lover sur la main de Craig. Le contact est pris et dès lors, plus moyen de lâcher ce documentaire animalier paru en septembre sur Netflix. Soit un cinéaste qui raconte comment il a voulu compenser un surmenage professionnel en explorant les eaux côtières de l’Afrique du sud. Et de quelle façon, il a malgré des eaux particulièrement fraîches, plongé durant plus d’un an afin de comprendre, rencontre après rencontre, comment vivait cet octopus vulgaris.